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03/11/2015

" LE CONSOMMATEUR DOIT S'ATTENDRE A PAYER SON CHOCOLAT PLUS CHER "

 

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INTERVIEW - Pour Siriki Diakité, responsable Afrique de l'ouest de l'organisme de certification UTZ Certified, l'écart entre l'offre et la demande de cacao se creuse. D'où l'intérêt de soutenir des productions plus durables pour éviter l'explosion des prix.

À quoi ressemblera la production de cacao dans les années à venir? C'est l'une des principales questions qui était débattue par les professionnels du secteur en marge du Salon du Chocolat de Paris qui ferme ses portes ce dimanche. Pour UTZ Certified, l'un des plus importants organismes de certification du cacao (auquel ont déjà fait appel Nestlé, Ferrero, Mars ou encore Balisto), la réponse se trouve dans la durabilité côté producteur et dans la capacité des consommateurs à accepter de payer plus cher leur gourmandise…

LE FIGARO - Pourquoi faut-il s'attendre à une hausse des prix du chocolat?

 

CHOC 6074dce47fb998e129cddb0362d40f5b.jpegSiriki Diakité - Dans les années à venir, l'écart entre l'offre et la demande va se creuser. Le problème côté offre est que les jeunes ne sont pas intéressés par l'idée de reprendre l'activité lorsqu'un producteur de cacao prend sa retraite. Ce n'est pas assez rentable. Ils préfèrent aller chercher une vie meilleure en ville. Or moins de producteurs, signifie à terme moins de cacao. Sans oublier l'impact du réchauffement climatique qui pourrait affecter les cacaoyer. C'est un vrai risque. En face, la demande progresse chaque année, portée par l'Asie et l'Amérique latine. Ce déséquilibre risque d'engendrer une explosion des cours.

Comment éviter cette situation?

Il faut viser dès aujourd'hui une production de cacao plus durable. Concrètement, il s'agit d'améliorer la productivité des plantations, résoudre les problématiques sociales comme le travail des enfants, améliorer la gestion des maladies et bien sûr sensibiliser les producteurs aux questions environnementales. Les programmes de certification visent justement ces objectifs.

Comment ces certifications peuvent-elles répondre à toutes ces problématiques?

Les producteurs bénéficient d'une formation à un code de conduite inscrit autour de la durabilité. Nous les accompagnons pour qu'ils puissent résoudre au mieux tous les problèmes cités auparavant. Ils bénéficient aussi d'une prime de certification versée sous forme de bonus financier. En Côte d'Ivoire par exemple, cette prime correspond à environ 10% du prix du kilo de cacao payé au producteur, soit aujourd'hui 100 francs CFA (environ 0,15 euro, ndlr). Cette somme est généralement utilisée par les producteurs pour faire face à des situations de la vie quotidienne. En améliorant la productivité, les revenus et la vie des producteurs, nous pouvons les convaincre de poursuivre la culture du cacao et pérenniser la production.

Quel est l'impact de ces certification pour le consommateur?

Ce dernier a l'assurance de manger un chocolat issue d'une agriculture durable, qui n'est pas lié à l'utilisation de pesticide, à la destruction de la forêt ou au travail des enfants. C'est un système gagnant-gagnant.

Mais son chocolat labellisé sera plus cher?

Oui, il est vrai que le chocolat labellisé sera un peu plus cher que celui qu'il achète habituellement. Mais si rien n'est fait pour assurer la durabilité du cacao, la hausse sera encore pire en raison de l'explosion des cours qu'entraînera l'écart entre l'offre et la demande! Dans tous les cas, le consommateur doit s'attendre à payer son chocolat plus cher dans les années à venir. Mais avec un cacao certifié, la hausse pourra être contenue. Je suis sûr que si on sensibilise les consommateurs à ces enjeux, ils comprendront.

 

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(source LeFigaro.fr / Hayat Gazzane

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