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21/12/2015

ET SI LA POLITIQUE FAISAIT AIMER LA FRANCE ?

 

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FIGAROVOX/TRIBUNE - Au lendemain des élections régionales, Louis Manaranche, Sébastien Pilard et Olivier Vial estiment que chaque Français porte en lui le germe d'un sursaut patriotique ; pour eux, il faudra ancrer le renouveau politique dans l'amour de la France.

(Louis Manaranche est agrégé d'histoire et président du laboratoire d'idées Fonder demain. Son livre Retrouver l'histoire vient de paraître aux éditions du Cerf.

Sébastien Pilard est président de Sens Commun et secrétaire général des Républicains chargé des relations avec les entrepreneurs.

Olivier Vial est président de l'UNI et directeur du CERU, think-tank sur l'éducation.)

 

Par le passé, la France a su, jusque dans les années 1970, être une terre d'accueil sans que jamais elle ne se sente en danger ni agressée. Au contraire, les Français étaient heureux de proposer, à ceux qui posaient le pied sur son sol, un mode de vie, des valeurs et un avenir dont ils étaient les garants et les dépositaires.

Une quarantaine d'années plus tard, suite à une immigration incontrôlée, la situation s'est totalement renversée. La France n'est plus capable d'intégrer, d'accueillir et de rassembler. Le pacte qui faisait notre socle est rompu ; la peur s'est installée, le désespoir et la colère également.

Les dernières élections régionales nous ont montré le triste spectacle de leaders politiques incapables désormais de communiquer avec les Français. Le fossé entre nos concitoyens et ceux qui sont censés les représenter est abyssal. Ces élections sont aussi la preuve que les personnes ayant un discours authentique sur la France, agissant avec constance et ayant un discours de vérité sont plébiscitées.

Notre école s'est délitée à un point tel qu'on ne compte plus le nombre d'élèves en décrochage scolaire, sans espérance et sans perspectives d'avenir.

Les idéologies successives de ces dernières décennies, largement accentuées lors du quinquennat de François Hollande ont atteint leur but: déconstruire ce qui a fait la grandeur d'un pays qui, il n'y a pas si longtemps encore, était admiré et envié dans le monde entier.

Notre école s'est délitée à un point tel qu'on ne compte plus le nombre d'élèves en décrochage scolaire, sans espérance et sans perspectives d'avenir. Plutôt qu'être au service de l'intelligence, du goût de l'effort et de la méritocratie, l'Éducation nationale, avec un mépris sans pareil pour ses professeurs, ne devient trop souvent que le relais des modes du moment. La théorie du genre, la déstructuration de la famille et de la filiation, la réforme des collèges, inappropriée, l'égalitarisme à outrance, le nivellement par le bas: voilà ce que propose le gouvernement aux générations futures, en lieu et place de la transmission d'un savoir et d'une culture vitales à la structuration de la pensée, à l'esprit d'analyse et critique, à l'émergence de la responsabilité individuelle au service du bien commun, à l'appropriation de notre héritage par les jeunes générations.

Tout est mis en oeuvre, aujourd'hui, pour faire en sorte que les Français aient honte de leur histoire, de leurs origines...de ce qu'ils sont! Nos élites politiques, médiatiques et culturelles ont tout fait pour s'extraire d'un patriotisme qu'ils qualifient de nationaliste, d'une histoire bi-millénaire qu'ils veulent culpabilisante et d'une laïcité libertaire dont l'unique but est de gommer ce qui a fait la richesse et la grandeur de la France: ses racines judéo-chrétiennes. Le vade mecum de l'AMF relatif au retrait des crèches de Noël est la triste illustration de leur pensée. À quand la suppression des vacances de Noël et des fêtes de Pâques?

François Hollande déclarait encore l'an dernier «l'avenir de la France est en Europe» laissant sous entendre que l'Europe est l'avenir et la France le passé.

Mais ils auront beau dire aux Français qu'ils pensent mal, qu'ils aiment mal et qu'en conséquence ils agissent mal; l'amour de la France ne passera pas. Il ne passera pas car il est en chacun de nous! Chaque Français porte en lui le germe d'un sursaut patriotique; les belles réactions aux attentats dramatiques du 13 novembre nous l'ont prouvé. Et le résultat ne s'est pas fait attendre, leurs voix se sont exprimées lors du premier tour des élections régionales. C'est un constat d'échec sans pareil pour le Parti socialiste et un véritable avertissement pour Les Républicains. François Hollande déclarait encore l'an dernier «l'avenir de la France est en Europe» laissant sous entendre que l'Europe est l'avenir et la France le passé. Qu'ils se reprennent, il est encore temps, et qu'ils ne laissent pas le Front national seul sur le terrain des valeurs et de l'identité.

Que nos politiques servent plus qu'ils ne se servent, qu'ils entendent plus qu'ils ne s'entendent parler, que le règne des communicants s'achève et laisse place à une parole fraîche, empreinte de vérité et de réalisme. Qu'ils retirent leurs œillères et regardent le quotidien de nos compatriotes avec clairvoyance et le soucis de répondre à leurs besoins.

Nous ne pourrons avancer sur les champs économique, sécuritaire et européen qu'à la seule condition d'une remise en cause de certains acquis: il faut revoir en profondeur l'espace Schengen, rétablir le contrôle à nos frontières afin qu'elles jouent leur rôle originel: la défense de ceux qui y habitent. Il faut revoir notre système judiciaire afin qu'il soit dissuasif en ayant pour priorité la défense et la protection des victimes, et non l'inverse. Nous devons repenser le fonctionnement de la belle Europe que nos aînés avaient imaginée et qui n'est plus guère qu'un repère de technocrates, embourbés dans l'activisme mais absents sur le plan des actions efficaces. Et puisque nous devons évoluer au sein d'un monde globalisé, surtout d'un point de vue économique et culturel, que cela se fasse dans le cadre d'une souveraineté assumée.

Pour se donner, il faut d'abord apprendre à se recevoir. Comment offrir ce que l'on ne possède pas? Il convient d'être lucide sur sa propre condition, de se réconcilier avec sa propre histoire, individuellement et collectivement, afin de consentir à ce que nous sommes: français. Nous devons colmater les brèches qui fragilisent les fondations de notre pays tant qu'il est encore temps, afin que la maison commune que nous habitons ne s'effrite d'avantage et ne finisse par s'écrouler.

Nous devons être le ciment d'une espérance nouvelle ayant pour ancrage l'amour passionné de la France.

 

Source LeFigaro.fr / Olivier Vial/Louis Manaranche/Sébastien Pilard 

 

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