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23/02/2016

L'INSTITUT MONTAIGNE PRECONISE LA RETRAITE A 63 ANS

 

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LE SCAN ÉCO - Travailler plus longtemps et aligner les régimes privés et publics de retraite sont les deux axes proposés, ce mercredi, par le think tank libéral pour assurer l'avenir des retraite

Alors que le nombre de cotisants par rapport au nombre de retraités diminue, l'Institut Montaigne publie une note dans laquelle il préconise d'allonger non seulement la durée de cotisation mais aussi l'âge de départ à la retraite. La viabilité financière du système en dépendrait. «En portant l'âge de la retraite à 63 ans et la durée de cotisation à 43 ans au cours des dix prochaines années, la situation financière des différents régimes sera rééquilibrée à l'horizon 2025», assure le think tank. Selon le Conseil d'orientation des retraites (COR), si on continue à ce rythme, la dette cumulée des régimes pourrait représenter 25% du PIB à l'horizon 2040 . 

L'Institut Montaigne alerte sur le fait qu'il n'est pas justifié de concentrer les efforts sur les seuls salariés ayant commencé à cotiser tard, en ajustant uniquement la durée de cotisation, ce qui constituerait un signal défavorable au détriment de ceux qui accomplissent des études longues. Ainsi, pour l'Institut Montaigne, il convient d'augmenter aussi l'âge de la retraite. L'effort est alors aussi demandé à ceux qui ont commencé à acquérir des droits tôt. Il s'agit d'assurés qui disposent de l'ensemble de leurs trimestres avant l'ouverture des droits et qui, par conséquent, liquident en général leur retraite sitôt cet âge atteint.

La situation de cette seconde catégorie d'assurés avait été modifiée par le dispositif «carrières longues», créé par la réforme Fillon de 2003 et étendu en 2010 puis en 2012. Celui-ci permet aux assurés ayant commencé à acquérir des droits très tôt (de 14 à 17 ans initialement, et jusqu'à 19 ans aujourd'hui) et disposant d'une durée d'assurance supérieure à celle requise, de liquider leur retraite avant l'âge d'ouverture des droits. Cette catégorie d'assurés est nettement plus nombreuse que la première. C'est pourquoi l'augmentation de l'âge à la retraite a aujourd'hui des effets plus importants qu'une augmentation de même niveau de la durée de cotisation.

La France, le pays européen où l'âge de départ à la retraite est le plus faible

Aujourd'hui, c'est en France que l'âge effectif de départ à la retraite est le plus faible, comme le montrent les statistiques de l'OCDE et de la Commission européenne. En 2015, les dépenses de retraite représentent à elles seules 13,6 % du PIB en France, soit bien plus que la moyenne de l'Union Européenne (autour de 10%) et de la moyenne de l'OCDE (autour de 8%). 

Selon l'Institut Montaigne, même après une telle réforme, la France conserverait des paramètres de liquidation plus favorables que ceux des pays comparables. Les raisons? D'abord, les Français continuent à avoir beaucoup d'enfants (comparés à leurs voisins européens), une situation démographique favorable pour l'économie. Enfin, le niveau de ressources consacrées au financement des régimes est plus élevé en France.

L'Institut Montaigne va plus loin et s'interroge: «Cet effort sur l'âge de liquidation des droits peut-il s'accompagner d'un effort sur le montant des pensions, notamment au travers d'une moindre revalorisation? Ceci permettrait de répartir équitablement les efforts entre générations mais aussi de tenir compte de l'évolution de la situation économique». A travers divers processus (sous-indexation ou décalage de la date de revalorisation des pensions), les derniers gouvernements ont eu recours à ce procédé. Cependant, compte tenu du niveau faible de l'inflation, ce levier ne peut jouer que de façon limitée. 

Convergence régimes publics et privés

Deuxième axe de l'étude: faire converger les régimes public et privé. Différentes réformes ont rapproché les situations mais il reste, selon le think tank, la question du «calcul des droits». La pension de retraite des agents de l'Etat et des bénéficiaires de la plupart des régimes spéciaux est calculée sur les six derniers mois, alors que celle des salariés du privé l'est sur les 25 meilleures années.

L'Institut Montaigne suggère un alignement rapide, pour toutes les personnes à plus de sept ans de la retraite. Un tel rapprochement des régimes répond à un objectif financier mais est aussi «la condition de l'acceptation d'efforts partagés par tous».

Dans le collimateur de l'Institut, figure aussi la prise en compte de la pénibilité, qui peut permettre un départ anticipé à la retraite, «un piège politique» auquel «il faudrait avoir le courage de renoncer purement et simplement», au profit du développement de la prévention.

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