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23/04/2016

SUCCESSION DE JEAN-MARC AYRAULT : LEGISLATIVE PARTIELLE A HAUT RISQUE POUR LE PS

 

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 - La candidate PS qui brigue le siège de député laissé vacant par le ministre des Affaires Étrangères fait face à la dispersion des candidatures à gauche, au danger de l'abstention, et à l'offensive de la droite qui fait de ce scrutin un enjeu national.



C'est l'une des dernières élections législatives partielles avant le renouvellement de l'Assemblée nationale, en juin 2017. Et pas des moindres: Jean-Marc Ayrault, nommé le 11 février ministre des Affaires Étrangères, remet son siège de député en jeu. Dans cette troisième circonscription de Loire-Atlantique, l'ancien premier ministre est élu sans interruption depuis 1986. Mais son suppléant, qui l'avait remplacé lorsqu'il était à Matignon entre mai 2012 et mars 2014, est décédé brutalement en février 2015, ouvrant la voie à une élection pour désigner son successeur.
Dans ce bastion acquis à la gauche depuis 40 ans, qui englobe notamment les cantons de Nantes Ouest, Saint-Herblain et Couëron, onze candidats briguent le siège laissé vacant par l'ancien premier ministre socialiste. Un scrutin qui s'annonce risqué pour le PS, qui a connu 16 déroutes sur 18 législatives partielles en quatre ans. «Dans l'imaginaire ici, c'est la circonscription de gauche par excellence, mais ce scrutin est très ouvert, beaucoup plus ouvert qu'habituellement», note le politologue Goulven Boudic, d'autant que la participation s'annonce faible, encore plus en période de vacances scolaires.

Jean-Marc Ayrault est venu jeudi soutenir sa dauphine Karine Daniel, candidate PS et actuelle adjointe au maire de Nantes. La vice-présidente à la métropole, économiste de profession, avait été désignée par les militants lors d'une primaire, devançant son concurrent de quatre petite voix. Avec son suppléant, elle doit faire face au double danger de la profusion des candidatures à gauche et de la nationalisation du scrutin, sur laquelle la droite locale base sa campagne. Face à elle, EELV fait cavalier seul, toujours remonté contre le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes et la loi Travail, comme Nouvelle Donne, le Parti communiste, Lutte ouvrière et un autre binôme communiste. Soutenue par Génération Écologie, le PRG et le parti Écologistes!, parti notamment de François De Rugy, autre député du département, Karine Daniel prétend porter une candidature de «rassemblement» en vue du second tour.

La droite et le centre rassemblés

Face à elle, la droite est en embuscade. Matthieu Annereau, candidat Les Républicains, bénéficie du soutien de l'UDI et du MoDem. «Je suis parti très tôt en campagne, notamment sur le terrain», raconte-t-il au Scan. Cet employé de banque de 37 ans, non-voyant, est chef de file de l'opposition municipale à Saint-Herblain. Lors de son meeting mercredi, il a appelé au vote sanction «contre la politique de Hollande, dont Jean-Marc Ayrault porte la responsabilité».

Bruno Retailleau, président LR de la région, était présent pour le soutenir, comme Henri Guaino, député LR des Yvelines et ancien conseiller de Nicolas Sarkozy. Le jeune candidat mise sur l'effritement des voix à gauche «pour basculer en tête». Pour son meeting de l'entre-deux-tours, jeudi, Bruno Le Maire a prévu de venir le soutenir. «Je veux être utile plutôt qu'être important, et redonner confiance aux habitants dans la politique. Je souhaite limiter les mandats à deux dans le temps et abroger la réserve parlementaire», explique-t-il.

Les deux principales villes du canton, Nantes et Saint-Herblain, sont dirigées par le PS, bien implanté dans le département, même si la région Pays-de-la-Loire a basculé à droite en décembre. Si Jean-Marc Ayrault a été élu dès le premier tour en 2012 avec 56,35% des voix, le challenge sera plus difficile pour Karine Daniel, dans un contexte de rejet massif de la politique de la majorité au pouvoir. La candidate PS reste d'ailleurs prudente et refuse de faire des pronostics sur les résultats de dimanche. Elle se dit concentrée sur sa campagne, espérant mobiliser les électeurs. «Par rapport à 2012, la configuration a beaucoup changé», minimise-t-elle au Scan. L'emploi, le vivre-ensemble et le développement durable font partie de ses thèmes privilégiés.

«Le premier défi, c'est la mobilisation. On sait très bien que la participation est moins importante sur une législative partielle», craint d'avance Johanna Rolland, maire PS de Nantes, contactée par le Scan. Son adjointe s'est engagée à quitter ses mandats à la mairie et à la métropole en cas de victoire. La socialiste sait que le scrutin s'annonce difficile. «l'objectif est de gagner», se contente-t-elle de commenter.

Une défaite affaiblirait encore davantage le groupe socialiste et apparentés à l'Assemblée nationale, qui ne compte plus que 285 députés depuis le départ de Jean-Marc Ayrault au Quai d'Orsay, soit moins que la majorité absolue, qui est de 289.


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(source LeFigaro.fr /Mathilde Giraud)

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