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23/05/2016

LES CHEMINOTS CGT, OU LA RENTE SYNDICALE EN ACTION......

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 - Les cheminots de la SNCF font grève, notamment contre la préparation du rail européen, et perturbent le le déplacement des usagers. Eric Verhaeghe se positionne en faveur de la privatisation des voies ferrées.

 


Sans que personne ne le voie clairement, les cheminots sont à la source d'un désordre français majeur, qui déstabilise l'ensemble du champ social. La préparation du rail européen passe en effet par la conclusion d'une sorte de convention collective à l'échelle de l'Union, beaucoup moins favorable que le statut accordé aux salariés de la SNCF. Bloqués pendant des années par un syndicalisme que la SNCF a protégé, les cheminots français découvrent peu à peu qu'ils ne seront plus seuls à utiliser les rails financés par le contribuable. Ce réveil salutaire mais douloureux perturbe en profondeur le paysage social français.

 

Le risque d'un statut européen

On ne le dit pas assez, mais les innombrables grèves qui se succèdent à la SNCF, en ordre dispersé, protestent toutes contre la négociation d'une convention collective nationale du rail qui remettra en cause le statut des salariés de la SNCF. Ceux-ci vivent en vase clos, depuis 1936, à l'abri de leurs petites combinazioni syndicales et font, depuis des années, l'autruche face à l'imminente ouverture du rail à la concurrence. L'ouverture du transport ferroviaire de voyageurs à la concurrence arrive. Cette salutaire introduction permettra de secouer le cocotier des rigidités de la Vieille Dame nationale.

Elle ne va évidemment pas sans susciter un puissant tir de barrage. Pourtant, le mouvement paraît inéluctable: il est désormais incontournable que la branche du rail existe et dispose d'une convention collective moins contraignante que le statut de la SNCF. Les syndicats français l'ont bien compris: les avantages que la «bête SNCF» leur donne depuis des années touchent à leur fin. Les entreprises ferroviaires qui pourront assurer du transport de voyageurs dans quelques années en France pourront recruter sous des conditions moins favorables que la SNCF.

La seconde mort de la Libération

Historiquement, les syndicats ont pu justifier les avantages extravagants (dont la retraite à 50 ans) qu'ils pouvaient revendiquer au nom de la Libération et des prix qu'on lui prêtait. Personne n'a en vérité jamais vérifié attentivement si la légende forgée au sortir de la guerre sur l'engagement patriotique des cheminots se justifiait. Mais la conviction intime régnait: sans eux, la France n'aurait été ni vainqueur ni libre en 1945.

Il a fallu attendre près de soixante-dix ans pour que ces privilèges soient remis sur la table et révisés. Seule l'Europe aura permis d'aborder sans pollution historique ni légendaire la vérité des faits. Enfin, on peut discuter de ce que doit être la condition de travail d'un conducteur de TGV, sans évoquer la sabotage des lignes menant en Normandie en 1944.

Privatisons le rail, enfin !

Reste à aller jusqu'au bout. Les grèves auxquelles nous assistons sont les derniers témoignages des prises d'otage du service public par les toxiques CGT Cheminots et autres coordinations pseudo-ouvrières. Ceux-là adorent parler comme s'ils incarnaient le prolétariat, alors qu'ils en sont juste les rentiers ordinaires.

Personne ne dira jamais la souffrance des vrais prolétaires, usagers du rail, qui furent pris, pendant des années, en otage des revendications incertaines lancées par des syndicats surprotégés. Tous ces lève-tôt ont dû composer avec les irrégularités capricieuses du syndicalisme ferroviaire et arriver au boulot quand ils le pouvaient. C'est encore le cas ces jours-ci et brinquebalés de TER en transiliens bondés, ils rêvent d'une SNCF enfin libre. 

 (source LeFigaro.fr - Eric verhaeghe *)

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(*) Éric Verhaeghe est fondateur de Tripalio, une start-up sur la vie syndicale. Cet ancien élève de l'ENA a occupé des fonctions dans le monde patronal et assumé divers mandats paritaires. Il fut notamment administrateur de la sécurité sociale. Son prochain livre, Ne t'aide pas et l'État t'aidera, paraît le 25 janvier aux éditions du Rocher. Retrouvez ses chroniques sur son site.

 

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