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12/06/2016

REPENSER LA CONFIANCE EN LIANT CORPS ET ESPRIT

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Proche de la sérénité, l'état de confiance apparaît comme  un processus en perpétuelle construction.

Détail révélateur: dans la passionnante enquête du journaliste américain Scott Stossel (photo) ,consacrée à l'anxiété et aux différentes découvertes permettant peut-être d'en sortir (Anxiété. Les tribulations d'un angoissé chronique en quête de paix intérieure, Éditions Belfond) - des années de recherche, 440 pages, des centaines d'interviews avec les plus grands spécialistes de l'angoisse -, l'index, pourtant impressionnant, n'affiche pas d'entrée «Confiance».

Cette absence rappelle à quel point la psychologie et sa recherche se sont jusqu'à maintenant centrées surtout sur la peur. «Dans les découvertes d'Henri Laborit ou celles, plus récentes, de Lionel Naccache, c'est cette émotion première, archaïque, qui permet de comprendre tout le système émotionnel», explique Catherine Aimelet-Périssol, psychothérapeute et docteur en médecine, auteur notamment de É.M.O.T.I.O.N. 7 étapes pour se comprendre (Éditions Albin Michel). «En effet, la peur vient toujours se mêler aux autres émotions.» Même la joie? «Oui, même la joie, qui, dans sa version excitée d'“emballement”, peut contenir une notion d'alerte», confirme la spécialiste(voir son site logique-emotionnelle.com).

Autre explication: la confiance a plus souvent été entendue comme confiance en soi (typique des années 1980, toutes dédiées au développement personnel) ou comme confiance dans les autres (rappelée avec insistance par le serpent Kaa dans Le Livre de la jungle: «Aie confiance», susurrait-il, encourageant des millions d'enfants à devenir des décennies plus tard des adultes incapables d'y parvenir…).

«Observateur de soi»

Aujourd'hui, le regard sur la confiance semble changer: celle-ci est davantage perçue comme confiance absolue, c'est-à-dire en tant que telle, sans conditions, sinon un sentiment dans lequel corps et esprit sont très engagés.

«L'état de confiance n'est pas lié à un savoir (sur l'autre, sur soi, etc.) mais à une expérience corporelle, estime Catherine Aimelet-Périssol. Rien à voir avec une confiance idéalisée (je vais parvenir à ce que je devrais faire), ce type de confiance, c'est “ici et maintenant”, quand je reste pleinement observateur de ce que je ressens, sans obéir à aucune forme d'exigence intérieure.»

Conséquence: il est inutile - voire néfaste - de se dire «ça va aller», «je vais y arriver», quand on craint quelque chose, alors que partir de la vérité de ce que l'on ressent («je suis angoissé», «j'ai des fourmis dans les jambes», etc.) peut constituer un socle à partir duquel on puise force et envie d'agir.

Le médecin Deepak Chopra, dans une récente conférence parisienne, où il présentait les dernières découvertes des neurosciences permettant de neutraliser le stress, indiquait lui aussi la base de toute confiance: «Il faut devenir observateur de soi pour dépasser le cerveau reptilien ; nous savons désormais que deux outils sont à notre disposition pour y parvenir: la méditation, qui aide à plonger dans la pure sensation en laissant passer ses pensées stressantes et, axe central de la sérénité, la respiration, mouvement perpétuel que l'on ne peut manipuler.»

Observer sa respiration permet en effet de voir combien le souffle toujours s'efface et revient. «Quand nous constatons que tout, nos pensées, les situations, tout ce que nous sommes, est mouvant, en perpétuelle transformation, nous faisons aussi l'expérience que quelque chose en nous - notre essence, selon Chopra - demeure hors forme, hors temps et est donc indestructible.»

En d'autres termes, le Dr Catherine Aimelet-Périssol rappelle comment l'image des végétaux se tournant vers la lumière pour pousser davantage doit nous inspirer dans le sens d'une ouverture à la réalité: «Faire confiance à la vie en général est primordial», explique-t-elle, rappelant que celle-ci «se fraye toujours un chemin et que nous pouvons toujours nous en souvenir».

Certes, mais quels sont les autres moyens d'installer la confiance en nous? «Il nous faut admettre que toutes nos tendances à psychologiser, tous nos encouragements factices, déjà abondamment testés, ne servent à rien, avance la psychothérapeute. Puis il s'agit de mettre en évidence que notre sentiment de manque de confiance est le fruit d'une sur-exigence… Alors, celle-ci peut nous quitter.»

Cela n'empêchera jamais des peurs de se représenter à notre porte, car nous sommes humains. En ce sens, la confiance est en perpétuelle construction. Pour nourrir celle-ci, Deepak Chopra a rappelé les cinq piliers incontournables désormais validés par toutes les études: un bon sommeil, une pratique de méditation et de gestion du stress, une activité physique régulière, de l'autorégulation émotionnelle et une alimentation saine. Là où corps et esprit agissent pleinement en alliés.

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(Source LeFigaro.fr / Par Pascale Senk)

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