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26/06/2016

L'ECOSSE JOUE DE NOUVEAU AVEC L' INDEPENDANCE

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S'étant déclarés à 62 % pour le Remain, les Écossais veulent préserver leur place dans l'Union européenne. (De notre envoyé spécial en Écosse)

L'Écosse a choisi l'Europe. Sur la carte des résultats du référendum britannique sur la sortie de l'Union européenne est réapparue hier le long de la rivière Tweed la frontière historique entre les deux royaumes, celui d'Écosse et d'Angleterre. Au nord, une majorité d'électeurs se sont prononcés pour le maintien dans l'UE, alors que ceux du sud choisissaient d'en sortir. Avec 62 % de suffrages en faveur de l'Europe, l'Écosse se sent depuis hier moins britannique que la veille. Moins de deux ans après avoir rejeté l'indépendance par 55 % des voix lors du référendum de septembre 2014, les électeurs écossais se retrouvent tout à coup dans une situation nouvelle au lendemain d'un nouveau scrutin. Le premier ministre britannique David Cameron, qui les avait mis en garde à l'époque contre le risque de voir l'Écosse indépendante se retrouver en dehors de l'Union européenne, vient involontairement de les en faire sortir.

Nicola Sturgeon, le premier ministre de l'Écosse et chef du Parti national écossais (SNP), a réagi très tôt vendredi matin pour saluer le «vote fort et sans équivoque des Écossais pour rester dans l'UE».

Quand la victoire du Brexit a été confirmée, elle a prévenu qu'un nouveau référendum sur l'indépendance de l'Écosse était «fortement problable». «Le manifeste du SNP établit que le Parlement écossais doit pouvoir organiser un autre référendum en cas de changement significatif des circonstances qui prévalaient en 2014», a-t-elle rappelé. «L'Écosse est à présent face à cette perspective… Et il est donc évident que la possibilité d'un second référendum doit être sur la table, et se trouve sur la table». Elle a aussi qualifié de «démocratiquement inacceptable», que l'Écosse soit retirée de l'Union Européenne contre sa volonté. «Quoi qu'il advienne de tout cela», a cependant ajouté Nicola Sturgeon, «l'Angleterre, le pays de Galles et l'Irlande du Nord resteront toujours les plus proches voisins de l'Écosse et nos meilleurs amis, rien ne changera ça».

 

Nicola Sturgeon a  réuni ce samedi,le cabinet et elle fera une déclaration devant le Parlement Écossais mardi prochain.

Le Parlement Écossais était majoritairement en faveur du maintien dans l'Union Européenne, puisque les trois principaux partis ont fait campagne pour le Remain. Mais tous ne sont pas favorables à un nouveau référendum sur l'indépendance. «Je ne pense pas qu'un deuxième référendum nous aide à atteindre la stabilité, ni ne favorise les intérêts du peuple écossais», a déclaré Ruth Davidson, chef des conservateurs écossais.

Les Travaillistes s'y sont aussi opposés. «Plusieurs questions fondamentales qui sont restées en suspens en 2014 le sont toujours», a dit Kezia Dugdale, chef du groupe Travailliste, «dont la question monétaire, qui n'est pas la moins importante. Ce dont nous n'avons pas besoin aujourd'hui, c'est plus de troubles et plus de chaos dans l'économie».

«Une adhésion de l'Ecosse indépendante à l'Union Européenne s'accompagnerait obligatoirement d'un passage à l'Euro et de l'adoption des règles budgétaires européennes», estime Merryn Somerset-Webb, rédactrice en chef du magazine financier Money Week et éditorialiste au Financial Times, «et je doute que le SNP arrive à convaincre une majorité d'électeurs sur ces deux thèmes en ce moment».

«Sturgeon a toujours dit qu'un vote en faveur du Brexit provoquerait une crise. Elle est donc obligée de satisfaire ses électeurs du SNP en parlant de référendum, mais je doute qu'elle coure ce risque»

(Magnus Linklater, ancien rédacteur en chef du journal The Scotsman)

«Nicola Sturgeon temporise, parce qu'elle sait que si elle organise un référendum trop rapidement, elle risque de le perdre», estime Magnus Linklater, ancien rédacteur en chef du journal The Scotsman et éditorialiste pour The Times. «Je ne pense pas que la perspective d'une indépendance prochaine de l'Écosse ait progressé malgré le vote d'hier. La position de l'opinion écossaise n'a guère changé par rapport au référendum de 2014. Les prix du pétrole sont toujours au plus bas, la situation économique n'est pas bonne, et les circonstances ne sont pas favorables du tout à une sortie d'un Royaume-Uni, qui reste, malgré ses défauts, une garantie irremplaçable de sécurité».

Avec un déficit budgétaire de plus de 15 milliards de livres sterling et une économie en quasi-récession, l'Écosse ne dispose que d'une marge de manœuvre limitée. «Sturgeon a toujours dit qu'un vote en faveur du Brexit provoquerait une crise. Elle est donc obligée de satisfaire ses électeurs du SNP en parlant de référendum, mais je doute qu'elle coure ce risque, poursuit Magnus Linklater. En cas de oui, elle se retrouverait dans une situation économique catastrophique ; en cas de non, l'idée d'indépendance serait enterrée pour une génération au moins. Nicola Sturgeon doit donc faire la part des choses entre ses idéaux et la réalité.»

 

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(source LeFigaro.fr / Adrien Jaulmes)

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