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25/06/2016

TRAVAIL, VISA, SANTE ; LES CONSEQUENCES PRATIQUES DU BREXIT

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LE SCAN ÉCO - Alors que le Royaume-Uni a voté la sortie de l'UE, quelles sont les conséquences pratiques ? Faudra-t-il un visa pour partir en week-end à Londres ? Le Figaro vous donne des éléments de réponse.

Ils l'ont fait... Les Britanniques ont voté la sortie de l'Union Européenne. Quelles conséquences pour les Français et notamment ceux qui vivent au Royaume-Uni? En sachant qu'il ne se passera a priori rien ce vendredi. Selon l'article 50 du traité de Lisbonne, les négociations pourront durer jusqu'à deux ans.

• Que va-t-il arriver aux Français travaillant au Royaume-Uni en cas de Brexit?

 

Quelque 300.000 Français vivent actuellement au Royaume-Uni. Aujourd'hui, un expatrié français n'a pas besoin de permis de travail pour pouvoir travailler outre-Manche. La possibilité d'un Brexit laisse ces expatriés dans le flou. Vont-ils devoir obtenir un permis pour pouvoir continuer à travailler? Y aura-t-il une différence entre les Français déjà présents au Royaume-Uni et ceux qui souhaitent s'y rendre? «Il n'y a pour l'instant aucune réponse concrète, résume Alexandre Terrasse, avocat associé au cabinet Edwin Coe LLP. La logique suggérerait que les ressortissants déjà présents pourraient rester car ils sont créateurs de richesses pour le Royaume-Uni».

 

(Lire aussi : EN DIRECT: la presse britannique annonce la victoire du Leave)

Deux hypothèses s'affrontent. Le Royaume-Uni pourrait appliquer la même règle à tous les pays et compliquer davantage les conditions d'entrée et de travail sur le territoire britannique. Dans ce cas, les expatriés devraient demander une carte de résidence. Autre possibilité: le Royaume-Uni formule des accords bilatéraux avec chaque pays. La France, partenaire commercial privilégié, pourrait alors bénéficier d'accords favorables. Cela signifie aussi que le Royaume-Uni pourrait, sur le papier, durcir certaines conditions envers des pays ciblés, et ainsi faire des différences entre ses partenaires. «Cela serait très difficile à faire passer, car cela pose des questions éthiques et politiques, nuance Alexandre Terrasse. On passerait à un discours discriminant, qui provoquerait certainement des frictions».

Quant à la situation des Britanniques expatriés dans un pays de l'Union européenne, la situation n'est pas claire non plus. «Tout dépendra de leur pays d'accueil, note l'avocat. Il y a environ deux millions de Britanniques à l'étranger». Un permis de travail pour les actifs britanniques vivant dans l'UE pourrait désormais être exigé.

»» Brexit: quelles conséquences pour l'économie française?

• Voyager au Royaume-Uni sera-t-il aussi facile?

Pour l'instant, les Français n'ont besoin que d'une carte d'identité pour rentrer dans le pays. Cette facilité d'accès pourrait disparaitre. «Encore une fois, la réponse à cette question n'est pas définie, précise Alexandre Terrasse. Les expatriés pourraient avoir besoin d'un visa touristique». Quant à savoir si les tarifs de l'Eurostar vont augmenter, là encore, la réponse est floue.

● Pour les Britanniques, quelles conséquences sur leurs voyages en Europe?

L'effet le plus immédiat et perceptible du Brexit devrait se faire sentir sur la liberté de déplacement des ressortissants britanniques au sein des autres pays de l'Union européenne. Si un simple document d'identité suffisait jusqu'à présent pour se déplacer au sein de l'espace Schengen, bien que le Royaume-Uni n'en soit pas membre, la sortie du pays du bloc des 28 devrait désormais s'accompagner de la nécessité pour les ressortissants britanniques de demander un visa en cas de voyage en Europe continentale. A l'heure actuelle, seuls 44 pays sur 219 imposent des visas à l'avance aux ressortissants britanniques.

Les ménages britanniques devraient également se préparer à débourser davantage qu'auparavant pour aller passer leurs vacances sur le Vieux Continent. Non seulement parce que la chute de la livre face à l'euro va inévitablement réduire leur pouvoir d'achat, mais également en vertu d'accords communautaires qui permettent à toute compagnie européenne d'opérer sans limite de fréquence, de capacité ou de prix dans l'espace aérien européen. «Le marché unique a permis à Ryanair de promouvoir la révolution du voyage peu cher en Europe», rappelait mi-mai Michael O'Leary, le directeur général de la compagnie aérienne britannique à bas coûts. Sans parler desfrais d'itinérance pour les téléphones mobiles, qui ont eux aussi été harmonisés à l'échelle européenne, ou des règles européennes permettant d'obtenir une compensation financière en cas de retard ou d'annulation d'un vol.

 

• Les Britanniques pourront-ils toujours se soigner en France?

Pas si sûr. Sur les quelques 200.000 Britanniques résidant en France, près de 70.000 sont des retraités. Ils s'inquiètent des conséquences du Brexit sur leurs frais de santé. Ces derniers sont actuellement couverts par le Royaume-Uni via le National Health Service, le service public de santé. «Aujourd'hui, il existe des accords au sein de la communauté européenne pour que les ressortissants puissent bénéficer de soins dans leur pays d'accueil», explique Alexandre Terrasse. Mais désormais, il y a un risque pour que ces frais ne soient plus payés par le Royaume-Uni. Les résidents qui ne viennent pas de l'Union européenne ou de l'Espace économique européen, comme potentiellement les Britanniques, pourraient avoir à payer une contribution financière pour pouvoir accéder au NHS.

● Et les fonctionnaire européens à Bruxelles?

Le destin professionnel du millier de fonctionnaires britanniques travaillant pour les institutions européennes, notamment à Bruxelles, semble également plus incertain que jamais. Certains d'entre eux ont déjà songé à acquérir une seconde nationalité européenne, notamment belge.

 ● Le shopping à Londres sera-t-il plus intéressant?

Outre la baisse de la livre, qui devrait avantager les consommateurs qui viennent faire leurs shooping en Angleterre, Bercy indique effectivement que «le statut de non-résident communautaire pourrait s'appliquer, si le Royaume-Uni sortait de l'Union Européenne». Les touristes pourraient donc se voir retirer la TVA, qui comme en France est de 20%. On précise toutefois au ministère des Finances que cette mesure mettrait du temps à s'appliquer, étant de toute façon assujettie à des points précis du traité de sortie qui devrait être signé.

»» Lire aussi: Brexit: vers un retour de la détaxe et du duty-free?

• Les produits français seront-il davantage taxés au Royaume-Uni?

Tout dépend du type de régime que négociera le Royaume-Uni avec l'Union européenne. En cas du retour des barrières douanières, le Royaume-Uni n'aura plus accès au marché intérieur européen. Ses produits seront donc taxés pour rentrer en Europe et inversement, les produits européens - donc français - le seront aussi sur le territoire britannique. A l'inverse, le pays pourrait rejoindre l'Espace économique européen comme l'Islande ou la Norvège et ainsi conserver son libre accès au marché. En contrepartie, les Britanniques devraient respecter ses règles contraignantes sans participer à leur élaboration et verser une forte contribution financière.

Les pays où la France exporte le plus

Les montants en milliards d'euros - la part dans les exports totaux

Montants

Part dans les exportations totales

Created with Raphaël 2.1.2 Pologne : 71,40 - Allemagne : 32,70 - États-Unis : 32,50 - Espagne : 31,90 - 

Italie : 31,60 - Royaume-Uni : 30,30 - Belgique : 22,60 - Chine et Hong Kong : 17,40 - Pays-Bas : 13,80

Suisse : 7,70 - 

(Source: Direction générale des douanes et droits indirects avec Datawrapper)

 

Les Pays où la France importe le plus 

Les montants en milliards d'euros - la part dans les imports en % (Part dans les importations totales -Created with Raphaël 2.1.2)

Pologne : 87,00 - Allemagne : 47,80 - Chine et Hong Kong : 37,70 - Italie : 36,80 - Belgique : 35,00 : 

États-Unis : 31,60 - Espagne : 21,60 - Pays-Bas : 19,50 - Royaume-Uni : 14,20 - Suisse : 9,00

 

(Source: Direction générale des douanes et droits indirects avec Datawrapper )

 

• Quelles conséquences pour les étudiants sur les échanges universitaires Erasmus?

En France, entre 2014 et 2020, le ministère de l'Éducation nationale prévoit que 2 millions d'étudiants pourront étudier à l'étranger grâce au programme Erasmus +. Selon l'Agence Erasmus + France, l'Angleterre est le deuxième pays le plus prisé des étudiants français derrière l'Espagne (38 666 départs vers l'Angleterre en 2013). Mais pourront-ils toujours partir maintenant que le Royaume Uni a voté la sortie de l'Union Européenne? «En théorie oui, mais ils devront payer beaucoup plus cher qu'auparavant car ils seront recrutés en tant qu'étudiants internationaux», explique Anne-Catherine Guitard, directrice des programmes à la Kedge Business School «Nous aurons toujours des programmes pour faire partir nos étudiants en Angleterre, mais je ne vois pas l'intérêt car cela nous reviendra beaucoup plus cher que de les envoyer aux États-Unis.»

 

 

» Retrouvez toutes les analyses du Figaro Économie sur le Brexit dans notre article dédié à ses conséquences économiques

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(source LeFigaro.fr / Victoria Masson )

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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