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28/06/2016

EURO 2016 : CARNET DE ROUTE ET ANECDOTES DES ENVOYES SPECIAUX ( FIGAO SPORT )

 

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Depuis le début de la compétition, soit le 10 juin dernier, la rédaction des sports du Figaro/Sport 24 est mobilisée aux quatre coins de la France. Lille, Marseille, Lyon, Toulouse, Saint-Denis ... Que ce soit pour les Bleus ou les autres grandes nations européennes, nos envoyés spéciaux sont là pour vous faire vivre cet évènement XXL. Articles, magazines, interviews, notes, analyses, débats, conférences de presse ... Tout est fait pour que vous ayez la meilleure information possible durant toute la compétition. Et forcément, les anecdotes -bonnes ou mauvaises- s'empilent au gré de leurs pérégrinations. Les voici. A votre service. 

Jeudi 23 juin : Ibra est arrivé comme «une légende» et repart comme une «m…»

Par Romain Schneider envoyé spécial à Nice

«Et Dieu est apparu… Il a fallu attendre 00h35 pour que les patients journalistes voient débarquer la légende dans les entrailles de l’Allianz Riviera, mercredi soir. Deux heures et demie après la défaite contre les Diables rouges qui a mis un terme à la carrière internationale de Zlatan Ibrahimovic. La star, muette durant cet Euro qu’elle a traversé comme un fantôme, était plus que jamais attendue dans la zone d’interviews. Au Parc des Princes, avec le Paris SG, Ibra snobait déjà régulièrement la presse française. A Nice, il fait le job. Un discours bref et reconnaissant envers les supporters. Le service minimum tout de même puisqu’il ne donne aucune information à la presse suédoise, avide de savoir où sa star va rebondir en club. Ibrahimovic rejoint très vite le bus de la délégation suédoise.  Ce qui fait dire à un confrère francophone taquin : « Il est arrivé comme un roi, il est parti comme une merde » !»

Mercredi 22 juin : Le charme des Suédoises fait tourner les têtes  

Par Romain Schneider envoyé spécial à Nice

«Scène vue à Nice. Sur le marché des fleurs, dans une ambiance conviviale et sympathique, supporters belges et suédois trinquent ensemble. Certains préfèrent la baignade dans la Méditerranée aux litres de bières. Il fait beau, il fait chaud. Certaines supportrices suédoises se découvrent sur la plage pour aller piquer une petite tête. Les passants apprécient le spectacle sur la mythique promenade des Anglais. Et certains supporters  belges annoncent la couleur.   «Nous sommes ici uniquement pour les Suédoises», peut-on en effet lire sur le drapeau noir-jaune-rouge d'un groupe de fans néerlandophones. Message entendu. Une ravissante blonde amusée par la scène, vient déposer un baiser furtif sur la bouche d’un supporter belge. Sea, sex and sun sur la promenade des Anglais !»

Lundi 20 juin : «embouteillage» au péage

Par Baptiste Desprez, envoyé spécial à Clairefontaine 

«Le ridicule ne tue pas ? Encore heureux. Lundi après-midi, à peine débarqué à gare du Nord en provenance de Lille, direction Clairefontaine (ou le bout du monde, au choix), pour le débrief des Bleus au lendemain du match nul contre la Suisse. Après avoir affronté la pluie sur l’A 10, notre parcours se termine avec le péage. Jusque-là rien d’anormal … Sauf quand votre carte bleue ne rentre pas dans cette maudite machine. Et qu’au moment d’appeler l’assistance, deux camions commencent à klaxonner derrière vous. Une minute plus tard (c’est très long dans pareille situation), l’appareil fonctionne à nouveau … et cette fois-ci la puce de notre CB est illisible. «Il faut me donner vos codes de carte bancaire s’il-vous-plait, souffle mon interlocuteur. Ça arrive de temps en temps.» Première fois pour moi.»

Maudits petits suisses

Aurélien Billot, envoyé spécial à Lille

Dimanche 19 juin : du maroilles et encore du maroilles

Par Baptiste Desprez, envoyé spécial à Lille 

«A peine débarqué à la gare de Lille-Flandres ce dimanche, nous filons déposer nos bagages à l’hôtel avant de trouver un restaurant pour le déjeuner. Notre point de chute nous mènera dans une brasserie du centre-ville. Au menu, maroilles et encore du maroilles. Tradition locale oblige. «C’est un très bon choix, vous n’allez pas le regretter», plaisante le serveur, en sueur sous le soleil nordiste. Andouillette au maroilles en entrée, pièce de bœuf maroilles en plat … Un vrai menu consistant, et pas diète du tout, pour une journée à rallonge. Fin du repas, il est temps de partir au stade, après un bref détour par notre hôtel. Avec du fromage plein les papilles.»

Samedi 18 juin : moi vouloir dormir

Par Aurélien Billot, envoyé spécial à Lille

«En période de grande compétition, le sommeil, c’est sacré ! Pour les joueurs comme pour les suiveurs. En ce samedi, à la veille de France-Suisse, on espérait profiter d’une bonne nuit pour recharger les batteries après une semaine chargée (déplacement à Marseille pour France-Albanie). Raté !  Problème de literie,  fricadelle qui passe mal ? Rien de tout ça. L’ennemi ce soir-là fut le bruit des supporters helvètes, qui se sont chauffé la voix et le gosier au pied de l’hôtel jusque tard dans la nuit. Maudits petits suisses.»

Jeudi 16 juin : bière (très) matinale avec les Anglais

Par Guillaume Loisy, envoyé spécial à Lens

«Le derby Angleterre-pays de Galles n’est programmé qu’à 15h00 mais l’ambiance grimpe déjà Gare du Nord. Je suis le seul Français dans la voiture 16 du TGV pour Lens rempli de fans anglais. Vite repéré. «Tu es flic ?», me demande l’air suspicieux un quinqua au crâne rasé. Il se détend quand je lui réponds «non, journaliste». Venus à 30 de Bradford, Yorkshire, pour suivre l’Euro, le groupe a planté sa tente à Nice. Sur les photos du smartphone de Ben, la villa avec piscine et vue sur mer a l’air sympa. Pas peu fier devant le cliché de son fils d’un an, maillot des Trois Lions sur le dos, le plombier de 28 ans est soucieux de l’image véhiculée par les fans anglais après les incidents de Marseille. Il rejette la faute sur les hooligans russes et la bière avant de m’en offrir une. Il est 9h30. On devisera ensuite sur Harry Kane, le Brexit et les Stone Roses. Unique.»

Pas le moindre maillot bleu ou drapeau tricolore croisé lors de mon périple en RER, métro et dans les rues

Guillaume Loisy, envoyé spécial ... au Figaro

Jeudi 16 juin: le show des Gallois

Par Romain Schneider envoyé spécial à Toulouse

«Fan zone de Toulouse. Nous sommes la veille de Suède-Italie disputé vendredi au Stadium. L’enceinte du TFC accueillera trois jours plus tard le match Pays-de-Galles-Russie. Pas d’hooligans russes à l’horizon. La sécurité est néanmoins impressionnante aux abords de la fan zone toulousaine située sur le site des allées Jules-Guesdes. Après une double fouille à l’entrée, nous arrivons sur place pour assister au match Pologne-Allemagne, disputé ce soir-là au Stade de France. Des supporters gallois, venus se chauffer la voix avant le match de lundi contre la Russie, sont déjà en place. Et ils font du bruit. Beaucoup de bruit. Ils enchaînent les chants, bien aidés par une boisson qui leur est familière, la bière! Non, leurs voisins irlandais ne sont pas les seuls animateurs de cet Euro. Le site, qui peut accueillir jusqu’à 12 000 personnes, affiche presque complet. Les fervents gallois assurent le show et semblent se désintéresser totalement du soporifique Allemagne-Pologne. Nous aussi. Le spectacle est ailleurs.»

Mercredi 15 juin : soir de match mais soir ordinaire à Paris

Par Guillaume Loisy, envoyé spécial… à la rédaction

«Je n'ai pas la chance d'être à Marseille pour couvrir le deuxième match des Bleus contre l’Albanie. Je suis d’astreinte à la rédaction. Sur le chemin qui me conduit au Figaro à moins de deux heures du match et alors que les supporters roumains, irlandais ou autrichiens ont égayé la capitale de leurs couleurs, pas le moindre maillot bleu ou drapeau tricolore croisé lors de mon périple en RER, métro et dans les rues. Je savais le supporter français discret et peu cocardier mais à ce point… A moins que cela soit spécifique à Paris. Pour voir un peu de ferveur patriotique, il faudra sans doute atteindre les demi-finales comme en 98.»

Mardi 14 juin : un train d’enfer

Par Aurélien Billot et Vincent Duchesne, envoyés spéciaux à Marseille

«Départ de la Gare de Lyon à 11h37. Arrivée prévue à Marseille 14h54. Pour une conférence de presse de veille de match à 17h45 (France-Albanie). Il n’y avait pas le feu. En fait, si. Un incendie à proximité de la gare d’Aix-en-Provence a obligé la SNCF à dérouter notre TGV sur des voies classiques, moins rapides. Au final, une heure de retard sur l’horaire initial. Et un trajet gare-hôtel-stade en accéléré pour débarquer ric-rac au Vélodrome. Journaliste sportif, c’est aussi du sport !»

Des sacs poubelle en guise de poncho de fortune, provoquant chez les journalistes un joli fou rire

Baptiste Desprez, envoyé spécial à Toulouse

Lundi 13 juin : déluge et poncho avant Belgique-Italie

Par Baptiste Desprez, envoyé spécial à Lyon

«Le chauffeur du bus, chargé de nous déposer aux abords du Parc OL, avait l’air confiant. Sans doute un peu trop. Outre l’embouteillage monstre et les difficultés d’accès, notre serviteur du jour misait sur une éclaircie … Et finalement, ce sont des trombes d’eau qui nous ont accueillies du côté de Décines. Trop optimiste et habillé avec une tenue estivale, nous n’avions pas prévu de parapluie. Grave erreur. Que faire lors des 500 mètres nous séparant du stade sans finir trempé de la tête au pied ? Impossible d’attendre vu l’heure. C’est alors que le chauffeur eu l’idée «géniale» de nous offrir … des sacs poubelle en guise de poncho de fortune, provoquant chez les journalistes un joli fou rire. Et des habits trempés une fois au stade.»

Lundi 13 juin : quand Sissoko oublie d’éteindre son portable

Par Aurélien Billot, envoyé spécial à Clairefontaine

«Philippe Tournon, l’attaché de presse de l’équipe de France, le rabâche régulièrement avant les conférences de presse : «N’oubliez pas de mettre vos téléphones en sourdine. Didier (Deschamps) n’aime pas quand ils sonnent.» Dans l’ensemble, la consigne est plutôt bien respectée. Sauf ce jour-là à Clairefontaine. Le coupable ? Moussa Sissoko, dont la sonnerie a retenti dès la première question des médias. L’effronté a même poussé le vice plus loin en s’emmêlant les pinceaux au moment d’éteindre l’appareil. Avant de s’en débarrasser en le confiant à la hâte à un membre du staff. Cocasse.»

Vendredi 10 juin : ça bouchonne au Stade de France

Par Aurélien Billot et Vincent Duchesne, envoyés spéciaux à Saint-Denis

«On partait confiants, sereins. En quittant Vitry-sur-Seine quatre heures avant le coup d’envoi de France-Roumanie, on était large sur les horaires (les journalistes accrédités pour l’Euro ont pour consigne de retirer leur précieux sésame 1h30 avant le coup d’envoi des matches). On pensait arriver sans se presser pour vivre le début de la compétition. Manque de bol, après avoir échappé aux bouchons grâce à notre ami le GPS, ce dernier a causé notre perte en nous envoyant à l’opposé du parking réservé à la presse. Résultat, plus d’heure pour faire le tour du Stade de France et une belle frayeur pour débuter.»

Jeudi 9 juin :Le Stade de France version Roissy Charles De Gaulle

Par Guillaume Loisy, envoyé spécial au Stade de France

«Occulter la menace terroriste qui plane sur la France est impossible à la veille du match d’ouverture. Il y a d’abord nos proches qui nous répètent de «faire attention» et les chaînes d’info en boucle sur le sujet. Il y a surtout l'impressionnant dispositif de sécurité avec les trois barrages en cours d’édification et le grillage qui entoure désormais l'esplanade du Stade de France. Mais ce qui me marque surtout en arrivant pour les conférences de presse J-1 France-Roumanie, c'est le traitement «aéroportuaire» réservé aux médias. Les sacs passent aux rayons X et les journalistes franchissent les portiques de sécurité en croisant les doigts pour que ça ne bipe pas. Arrivé à Roissy le matin même, un confrère roumain n'a pas eu le temps de passer à son hôtel. Il doit laisser l'intégralité de sa trousse de toilettes. «Vous pourrez tout récupérer à la fin du match», lui signale un agent. La seule différence, finalement, avec l'aéroport.»

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(source LeFigaro.fr )- A suivre .......bientôt  - 

27/06/2016

L'ICONOCLASTE BORIS JOHNSON , FAVORI POUR REMPLACER DAVID CAMERON

 

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VIDÉO - Chef de file du camp du Brexit, l'ancien maire de Londres espère succéder à l'actuel premier ministre britannique qui a annoncé sa démission ce vendredi matin.

«Nous pouvons trouver notre voie dans ce monde nouveau». Après la victoire du Brexit, Boris Johnson a pris la parole. «Je crois que c'est une incroyable opportunité: nous allons pouvoir voter nos lois et fixer nos impôts en fonction des besoins économiques de notre pays», a-t-il ajouté devant la presse. L'ancien maire de Londres et chef de file du camp du «Out» est pressenti pour remplacer le premier ministre David Cameron, qui remettra sa démission dans trois mois. Il n'est néanmoins pas le seul dans la course. Michael Gove, ministre de la Justice et «Brexiter», pourrait aussi faire partie des favoris.

 

Durant toute la campagne, le bouillonnant «BoJo» a multiplié les phrases choc, sans craindre l'outrance. En mai, il a affirmé que Bruxelles se comportait comme Adolf Hitler en essayant de créer un super-État. Cette stratégie s'est avérée payante. Il a aujourd'hui de grandes chances de s'imposer comme le leader national qu'il aspire à devenir depuis sa plus tendre enfance. Retour sur une figure peu consensuelle, parfois accusée d'opportunisme.

» Brexit: Boris Johnson se rêve calife à la place du calife

• Boris, dit «le bouffon»

Avec son habituelle tignasse blonde en bataille, une posture légèrement voûtée, des costumes froissés, l'intéressé n'a guère l'apparence d'un futur premier ministre. «J'ai autant de chances de devenir premier ministre que de me réincarner en olive. Ou d'être décapité par un frisbee», aimait-il plaisanter quand il était questionné sur le sujet. Son goût prononcé pour les blagues et son sens de la répartie lui ont longtemps valu le surnom de «Boris le bouffon». Qu'importe, l'intéressé aime se mettre en scène et n'a pas peur du ridicule. En 2012, à l'occasion des JO à Londres, il était resté coincé de longues minutes au milieu d'une tyrolienne. Boris Johnson essaie ces dernières années de se bâtir une stature plus sérieuse, sans pourtant se départir de la bonhomie qui fait son succès.

• Des apparences trompeuses

 

Comme David Cameron, de deux ans son cadet, il est passé par les prestigieux Eton College et Oxford. Crédits photo : WILL OLIVER/AFP

Le conservateur a beau cultiver une image excentrique, il n'en reste pas moins un pur produit de l'establishment. Né à New York en 1964, Alexander Boris de Pfeffel Johnson vient d'une famille anglaise huppée. Il a passé une partie de son enfance Bruxelles où son père travaillait à la Commission européenne. Le jeune Boris a connu les meilleurs établissements. Comme David Cameron, de deux ans son cadet, il est passé par les prestigieux Eton College et Oxford. Au cours de ces études, Boris sera élu au glorieux poste de président du club de débat Oxford Union. À l'université, les deux étudiants se côtoieront au Bullingdon Club, réservé à une turbulente jeunesse dorée. De cette époque, naîtra une longue rivalité entre eux. Encore aujourd'hui, Boris aime taquiner David en lui rappelant son surnom d'alors: «petit Cameron».

» Royaume-Uni: Boris Johnson, un ex-maire de Londres à la langue bien pendue

• Un passé de journaliste

À sa sortie d'Oxford, Boris Johnson débute comme consultant en management. L'expérience ne dure qu'une semaine. «Je ne pouvais pas regarder la présentation d'une courbe de résultats sans perdre conscience», se souvient-il. Il se lance alors dans le journalisme. Mais, à peine moins d'un an après son embauche au Times, il est licencié pour avoir falsifié une citation. Il rebondit au Daily Telegraph où il officiera de 1989 à 1994 comme correspondant à Bruxelles. Il se fait un nom grâce à un ton irrévérencieux qui contraste avec ses confrères au point de devenir «le journaliste favori» de Margaret Thatcher. Boris Johnson deviendra ensuite rédacteur en chef de l'hebdomadaire politique The Spectator. Son ami et ancien propriétaire du journal, Conrad Black, garde de lui le souvenir d'«un renard rusé déguisé en ours en peluche».

« Un renard rusé déguisé en ours en peluche.»

Son ami et ancien propriétaire de «The Spectator.», Conrad Black.

• Un bilan mitigé à Londres

Avant de se lancer en politique, Boris Johnson se fera d'abord un nom auprès des Britanniques en courant les plateaux de télévision. Après une première tentative infructueuse en 1997, il est élu député conservateur en 2001. Trois ans plus tard, tout le monde le pense fini. Il est éjecté du shadow cabinet de l'opposition pour avoir menti sur une affaire extraconjugale avec une journaliste. Il ne devra son salut qu'à l'arrivée de David Cameron à la tête des tories. Avec le soutien de ce dernier, il gagne la primaire du parti pour se présenter en, 2008, à la mairie de Londres. La course paraît perdue à l'avance mais Boris crée l'exploit et acquiert une stature nationale. Il est réélu en 2012, malgré un bilan jugé assez «maigre» par certains. Fin communicant, il s'attribuera quelques réussites emblématiques, comme les «Boris bikes» ou les Jeux olympiques, deux dossiers pourtant lancés sous le mandat de son prédécesseur travailliste, Ken Livingstone.

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26/06/2016

L'ECOSSE JOUE DE NOUVEAU AVEC L' INDEPENDANCE

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S'étant déclarés à 62 % pour le Remain, les Écossais veulent préserver leur place dans l'Union européenne. (De notre envoyé spécial en Écosse)

L'Écosse a choisi l'Europe. Sur la carte des résultats du référendum britannique sur la sortie de l'Union européenne est réapparue hier le long de la rivière Tweed la frontière historique entre les deux royaumes, celui d'Écosse et d'Angleterre. Au nord, une majorité d'électeurs se sont prononcés pour le maintien dans l'UE, alors que ceux du sud choisissaient d'en sortir. Avec 62 % de suffrages en faveur de l'Europe, l'Écosse se sent depuis hier moins britannique que la veille. Moins de deux ans après avoir rejeté l'indépendance par 55 % des voix lors du référendum de septembre 2014, les électeurs écossais se retrouvent tout à coup dans une situation nouvelle au lendemain d'un nouveau scrutin. Le premier ministre britannique David Cameron, qui les avait mis en garde à l'époque contre le risque de voir l'Écosse indépendante se retrouver en dehors de l'Union européenne, vient involontairement de les en faire sortir.

Nicola Sturgeon, le premier ministre de l'Écosse et chef du Parti national écossais (SNP), a réagi très tôt vendredi matin pour saluer le «vote fort et sans équivoque des Écossais pour rester dans l'UE».

Quand la victoire du Brexit a été confirmée, elle a prévenu qu'un nouveau référendum sur l'indépendance de l'Écosse était «fortement problable». «Le manifeste du SNP établit que le Parlement écossais doit pouvoir organiser un autre référendum en cas de changement significatif des circonstances qui prévalaient en 2014», a-t-elle rappelé. «L'Écosse est à présent face à cette perspective… Et il est donc évident que la possibilité d'un second référendum doit être sur la table, et se trouve sur la table». Elle a aussi qualifié de «démocratiquement inacceptable», que l'Écosse soit retirée de l'Union Européenne contre sa volonté. «Quoi qu'il advienne de tout cela», a cependant ajouté Nicola Sturgeon, «l'Angleterre, le pays de Galles et l'Irlande du Nord resteront toujours les plus proches voisins de l'Écosse et nos meilleurs amis, rien ne changera ça».

 

Nicola Sturgeon a  réuni ce samedi,le cabinet et elle fera une déclaration devant le Parlement Écossais mardi prochain.

Le Parlement Écossais était majoritairement en faveur du maintien dans l'Union Européenne, puisque les trois principaux partis ont fait campagne pour le Remain. Mais tous ne sont pas favorables à un nouveau référendum sur l'indépendance. «Je ne pense pas qu'un deuxième référendum nous aide à atteindre la stabilité, ni ne favorise les intérêts du peuple écossais», a déclaré Ruth Davidson, chef des conservateurs écossais.

Les Travaillistes s'y sont aussi opposés. «Plusieurs questions fondamentales qui sont restées en suspens en 2014 le sont toujours», a dit Kezia Dugdale, chef du groupe Travailliste, «dont la question monétaire, qui n'est pas la moins importante. Ce dont nous n'avons pas besoin aujourd'hui, c'est plus de troubles et plus de chaos dans l'économie».

«Une adhésion de l'Ecosse indépendante à l'Union Européenne s'accompagnerait obligatoirement d'un passage à l'Euro et de l'adoption des règles budgétaires européennes», estime Merryn Somerset-Webb, rédactrice en chef du magazine financier Money Week et éditorialiste au Financial Times, «et je doute que le SNP arrive à convaincre une majorité d'électeurs sur ces deux thèmes en ce moment».

«Sturgeon a toujours dit qu'un vote en faveur du Brexit provoquerait une crise. Elle est donc obligée de satisfaire ses électeurs du SNP en parlant de référendum, mais je doute qu'elle coure ce risque»

(Magnus Linklater, ancien rédacteur en chef du journal The Scotsman)

«Nicola Sturgeon temporise, parce qu'elle sait que si elle organise un référendum trop rapidement, elle risque de le perdre», estime Magnus Linklater, ancien rédacteur en chef du journal The Scotsman et éditorialiste pour The Times. «Je ne pense pas que la perspective d'une indépendance prochaine de l'Écosse ait progressé malgré le vote d'hier. La position de l'opinion écossaise n'a guère changé par rapport au référendum de 2014. Les prix du pétrole sont toujours au plus bas, la situation économique n'est pas bonne, et les circonstances ne sont pas favorables du tout à une sortie d'un Royaume-Uni, qui reste, malgré ses défauts, une garantie irremplaçable de sécurité».

Avec un déficit budgétaire de plus de 15 milliards de livres sterling et une économie en quasi-récession, l'Écosse ne dispose que d'une marge de manœuvre limitée. «Sturgeon a toujours dit qu'un vote en faveur du Brexit provoquerait une crise. Elle est donc obligée de satisfaire ses électeurs du SNP en parlant de référendum, mais je doute qu'elle coure ce risque, poursuit Magnus Linklater. En cas de oui, elle se retrouverait dans une situation économique catastrophique ; en cas de non, l'idée d'indépendance serait enterrée pour une génération au moins. Nicola Sturgeon doit donc faire la part des choses entre ses idéaux et la réalité.»

 

La nuit qui a fait basculer le Royaume-Uni hors d'Europe

• Le récit d'une journée historique

• Les résultats du vote région par région

L' UE et l'économie accusent le coup

• Brexit: Bruxelles en état de choc

• Hollande: «Le vote du Royaume-Uni met gravement l'Europe à l'épreuve»

• Faut-il craindre une catastrophe économique et financière?

Le Royaume-Uni face à ses fractures

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• L'Écosse (elle) voulait rester dans l'UE

Et maintenant

• Comment la Grande-Bretagne va quitter l'UE

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(source LeFigaro.fr / Adrien Jaulmes)