19.11.2009
SOMMET DE COPENHAGUE : LENTES NEGOCIATIONS EN PERSPECTIVE

Les discussions préparatoires de la conférence internationale sur le climat sont de plus en plus tendues. D’autant plus qu’en période de crise, les Etats rechignent à investir et à aider les pays en voie de développement à lutter contre le changement climatique.
Copenhague approche, les esprits s’échauffent. La quasi-totalité des pays de la planète verra se dénouer, du 7 au 18 décembre, date des négociations internationales sur la climat au Danemark, la bataille de chiffres qu’ils se livrent depuis des mois.
Moins de 30 jours avant cette échéance, trois blocs de pays s’affrontent, a expliqué Emmanuel Guérin, le 10 novembre, au cours d’une table ronde consacrée au climat et organisée par EuropaNova, la Maison de l’Europe et Sauvons l’Europe.
Le coordinateur du programme Climat à l’Iddri distingue ainsi les Etats-Unis –qui ne veulent toujours pas signer le protocole de Kyoto–, l’Europe –qui plaide pour la mise en place d’un instrument juridique unique– et le «G77», un groupement de 140 pays –dont la Chine– qui veut absolument
obtenir une deuxième phase du protocole de Kyoto, quelle que soit la décision américaine.
«C’est une négociation qui doit être inspirée par les résultats de la science, mais qui laisse une très grande place aux choix politiques», estime le chercheur. Un choix qui doit être fait rapidement, estime la députée européenne verte Sandrine Bélier. «La guerre économique a déjà commencé, dit-elle. A Madagascar, la moitié des terres arables sont louées par la Corée du Sud.»
Elle estime que la «responsabilité éthique et historique» des pays industrialisés revient à «soutenir les pays en développement» dans leur lutte contre le changement climatique, et à «réduire drastiquement leurs propres émissions». «Mais le Conseil européen n’a retenu aucun engagement chiffré lors de la dernière réunion», déplore-t-elle .
De fait, si les Vingt-Sept se sont bien accordés sur un coût global de 100 milliards d'euros annuels concernant la lutte contre le changement climatique, ils ont refusé de définir à quelle hauteur ils contribuerait à cette somme. La Commission européenne, pour sa part, a proposé que l’UE consacre une enveloppe de 2 à 15 milliards par an. Quant à la commission Environnement du Parlement européen, elle a demandé que l’UE y consacre 30 milliards d’euros annuels.
Mais les Etats réunis au Danemark tacheront également de dégager un accord sur la mise en place d’un marché de quotas d’émissions de CO2. «L’avantage des échanges de quotas d’émissions, explique le président du comité changement climatique du Medef, Alain Capmas, c’est que les entreprises peuvent négocier entre elles. Nous demandons à ce que ce système des quotas devienne mondial.» Afin d’éviter la multiplication des «fuites carbone», «le phénomène que les entreprises craignent le plus».
Et le représentant des chefs d’entreprise d’expliquer que pour réduire drastiquement leurs émissions, les pays industrialisés, et en particulier la France, ont «beaucoup d’investissements à faire». «Or, aujourd’hui, nous manquons de fonds pour investir», explique-t-il.
«Les négociations sont difficiles», admet Laurence Graff, en charge des négociations climatiques au cabinet du commissaire européen à l’Environnement Stavros Dimas. En cause notamment, les difficiles avancées du projet de loi sur le climat au Congrès américain. Mais «le fait qu’Obama aille à Copenhague est une très bonne nouvelle», tempère-t-elle.
Mais plus le temps passe, et plus le scepticisme sur un accord à Copenhague grandit. Le 3 novembre, alors même que l’Afrique menaçait de cesser toute discussion, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, ne cachait plus ses doutes. «Bien sûr, nous n’allons pas obtenir un traité contraignant à part entière du type de Kyoto», avait-il déclaré à des journalistes, déplorant le manque de temps nécessaire pour parvenir à un tel texte .
« "Pessimiste" et "optimiste" sont deux mots qui n’ont aucun sens dans un contexte géopolitique», tranche Bettina Laville, associée au cabinet
Landwell en charge du droit de l’environnement. Cette ancienne conseillère de Brice Lalonde, Pierre Bérégovoy et Lionel Jospin souligne qu’«une négociation diplomatique, c’est rarement "tout ou rien". »
«Imaginez ce que ce serait si Obama n’avait pas été élu président des Etats-Unis», commente-elle. Avant d’ajouter: «Les négociations aboutiront d’une manière ou d’une autre l’année d’après.» La première phase du protocole de Kyoto ne se termine en effet qu’en 2012. Reste qu’avec «tous les pays du monde», la négociation «avance forcément lentement», poursuit-elle.
Mais elles avanceraient peut-être un peu plus rapidement si les pays industrialisés prenaient conscience du changement climatique. «L’impact du changement climatique est très faible en France», estime Alain Capmas. D’où un «énorme effort de conviction» à accomplir dans les années à venir. «Dans les bureaux, il est difficile de faire accepter aux gens qu’il faut porter une petite laine l’hiver et avoir un peu plus chaud l’été» pour économiser de l’énergie, déplore-t-il.
Les habitudes de "confort"sont passées par là, retour en arrière (au temps de nos grand mères) difficilement envisageable, non?
Un sujet d'importance, un résultat attendu, A suivre....
A Boulogne-Billancourt ce week end:
Le samedi 21 novembre 2009 de 10h à 17h, la Ville de Boulogne-Billancourt organise entre l’hôtel de ville et l’espace Landowski, une collecte exceptionnelle d’équipements électriques et électroniques en partenariat avec le SYELOM. Vos appareils électriques et électroniques seront réparés ou recyclés.
Samedi de 10h à 17h, rue Paul-Constans
08:00 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16.11.2009
ATTENTION : VIRTUEL COMPROMETTANT ET RETOMBEES POSSIBLES...
CONTRÔLER LA DURÉE DE VIE DES DOCUMENTS MIS EN LIGNE PAR DES ADOS ACCROS AU WEB ? UN ENJEU POUR L’AVENIR. AUJOURD’HUI, LES RECRUTEURS FOUILLENT INTERNET ET TOMBENT PARFOIS SUR DES ARCHIVES… EMBARRASSANTES POUR LES CANDIDATS. FAUT-IL INSTAURER UN DROIT À L’OUBLI NUMÉRIQUE ?

En visite dans un lycée de Virginie, Barack Obama a récemment mis en garde les jeunes Américains : « Faites très attention à ce que vous mettez en ligne sur Facebook. Quoi que vous y fassiez, tôt ou tard, cela émergera dans votre vie. »
Si tout ce que les jeunes postent sur le Net leur revient comme un boomerang, on peut s’interroger. Quels effets provoqueront alors ces photos dédicacées (dédipix) de fesses et de seins que les adolescentes françaises déposent depuis quelques mois sur la Toile ? « Pour ces jeunes filles, ça ne pose pas de problème aujourd’hui. Mais en ligne, ces images deviennent indélébiles. Et dans dix ans, à l’entrée sur le marché du travail, elles risquent de leur nuire », s’inquiète Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d’État chargée de la Prospective et du Développement de l’économie numérique, qui vient d’organiser un colloque à Paris sur l’identité et l’oubli sur Internet.
« Il est techniquement impossible de supprimer tous les propos, photos et vidéos mis sur Facebook ou Twitter, car ces informations sont relayées
et dupliquées à l’infini », s’inquiète Alex Türk (photo), le président de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL), qui se dit « affolé » par le vide juridique. Les psys, eux, pointent l’absence d’information. « Quand les jeunes mettent en ligne leur intimité, ils n’ont pas conscience qu’ils en sont dépossédés », explique la psychologue Béatrice Copper-Royer (1).
Or leur avenir professionnel peut en pâtir. Récemment, une étudiante américaine a été évincée d’un entretien d’embauche. Le motif ? Son recruteur l’a vue en photo sur Facebook, accrochée à une barre de strip-tease à une fête de fin d’année. Et le phénomène grandit. En 2007, selon l’étude du cabinet américain ExecuNet, 85 % des DRH auraient « googlelisé » le nom des postulants avant l’entretien. Et 43 % auraient rejeté des C. V. après la découverte d’informations sur Internet.
Quelles solutions ? Au niveau technique, quelques pistes existent, comme, par exemple, des fichiers à durée de vie limitée, qui s’autodétruisent au bout de quelques mois. « Il faut aussi établir un cadre légal, explique Alex Türk. Quand on quitte un réseau social, on doit pouvoir effacer toute trace. Pour l’instant, Facebook comme Twitter le refusent. Et comme ces serveurs sont situés sur le sol américain, nous n’y pouvons rien. Il faut donc trouver des accords juridiques entre les États-Unis et l’Europe. »
En attendant, Nathalie Kosciusko-Morizet veut parier sur la bonne volonté des acteurs et propose une charte des bonnes pratiques, signées par les géants du Net et les réseaux sociaux, qu’elle espère faire valoir au Forum mondial sur la gouvernance de l’Internet, qui s’ouvre cette semaine en Égypte.
Et comment protégez-vous votre identité sur le web ?
TEMOIGNAGES En tapant votre nom dans un moteur de recherche, les résultats sont parfois surprenants. Comment gérez-vous votre identité numérique et la protection de vos données personnelles ?
Réseaux sociaux, blogs, avis de consommateurs, l'ère de l'Internet participatif voit aussi grandir les questions de protection des données personnelles. Il faut désormais composer avec sa propre identité numérique, autrement dit l'image et la réputation d'un internaute sur la toile.
Certains sites web se spécialisent même dans cette forme de veille. Tapez votre nom sur 123people.com et vous trouverez les sites web sur lesquels vous êtes présent, voire des photos de vous en libre consultation. Plus simple encore, en entrant votre nom sur Google, Yahoo et autres moteurs de recherche, vous pourrez juger de l'étendue de votre présence sur le web.
Comment gérez-vous votre cyberidentité ? Quelle importance accordez-vous à votre e-réputation ?
Evitez-vous les réseaux sociaux ? Utilisez-vous des pseudonymes ? Ou au contraire, laissez-vous vos informations personnelles à la portée de tous ? Acceptez-vous que des inconnus accèdent à vos pages ?
Questions à se poser pour éviter les mauvaises surprises
Et pour faire suite à la note sur la Corne d'Afrique qui a précédé celle ci, il n'était pas très difficile de faire un pronostic tant ses habitants dominent les courses.
En effet c'est une Keyniane(pays limitrophe) : FirehiWot( 1h9'26") et un Erythréien : Kiflemarian (1h2'50") qui ont remporté le semi marathon de Boulogne-Billancourt.
09:20 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
14.11.2009
UN NOUVEL OCEAN , POSSIBLE? OUI MAIS QUAND ?

( photo Université de Rochester)
L'ouverture d'une fissure géante dans la croûte terrestre en Ethiopie pourrait marquer le début de la formation d'un océan, selon une équipe de scientifiques internationaux.
Au milieu du mois de septembre 2005, une fissure s'est ouverte dans la croûte terrestre au nord de l'Afar, une zone désertique située à une centaine de kilomètres au sud de la frontière entre l'Éthiopie et l'Érythrée. Elle s'étend sur près de 60 km de long, entre 2 et 12 km de profondeur et son écartement est de 5 mètres en moyenne. On estime qu'environ 2 km³ de magma basaltique se sont injectés dans cette fissure. Cette gigantesque lézarde s'est produite en même temps que toute une série de séismes et une éruption sur le flanc du Dabbahu, un volcan qui culmine à 1 442 m. Depuis, une dizaine d'autres fissures plus modestes se sont ouvertes au sud.
«L'épisode d'ouverture de l'automne 2005 marque sans doute l'instant zéro de l'ouverture d'un océan dans cette partie du monde», estime Éric Jacques, de l'Institut de physique du globe de Paris (IPGP). Avec une équipe de chercheurs de plusieurs nationalités, parmi lesquels un Éthiopien, un Érythréen, un Yéménite, des Anglais, des Américains et des Français, il a participé à plusieurs études consacrées à cet événement tectonique majeur (Geophysical Research Letters, vol. 36, octobre 2009 et Journal of Geophysical Research, vol 114, août 2009). D'autres publications vont paraître prochainement.
La crevasse a été provoquée par l'étirement causé par l'écartement entre l'Afrique et la péninsule Arabique. Son ampleur s'explique par la quantité de magma basaltique disponible sous le rift de Manda Hararo et remonté du manteau terrestre. En effet, l'Afar fait partie de la quarantaine de points chauds de la planète, des endroits où la matière chaude des profondeurs, moins dense que la matière de surface, remonte et perce la croûte.
Les concrétions rocheuses sont aujourd'hui partiellement solidifiées et elles forment une sorte de mur vertical coincé entre les deux parois des fractures. Elles constituent ce que les spécialistes appellent des filons magmatiques ou «dykes» (dikes), du néerlandais dijk qui signifie «digue». Nombre de filons magmatiques sont restés bloqués à 2 km de profondeur à l'intérieur ou au voisinage du mégadyke.
Cette fracture s'inscrit dans un contexte tectonique déjà bien connu. Le célèbre vulcanologue Haroun Tazieff l'avait étudié notamment dans les années 1960. Il avait émis l'hypothèse que la dépression de l'Afar allait s'ouvrir et former un océan. En effet, cette région se situe au point de rencontre de trois axes majeurs. Au nord, les deux rifts océaniques de la mer Rouge et du golfe d'Aden qui, tous les deux à des vitesses comparables (environ 1,5cm/an), écartent le continent africain de la péninsule Arabique. Au sud, le rift continental est-africain qui, d'ici plusieurs millions d'années, à condition que son activité se poursuive, devrait détacher la plaque somalienne du continent africain (voir infographie). Les rifts sont des fossés tectoniques où se concentre la déformation causée par l'écartement de masses continentales. La plupart des rifts volcaniques sont situés au fond des mers ou des océans. «La dépression d'Afar est un véritable laboratoire à ciel ouvert, le seul lieu sur Terre où l'on peut assister au déchirement d'un continent sans devoir plonger à plusieurs kilomètres sous l'eau», souligne Deborah Sicilia dans la thèse qu'elle a consacrée à cette région du monde et qu'elle a préparé à l'Institut de physique du globe de Paris.
Les mécanismes qui ont provoqué le mégadyke de septembre 2005 sont d'une extrême complexité. La circulation du magma est elle aussi extrêmement difficile à reconstituer. En fait, il y a plusieurs sources magmatiques et non pas une seule comme on le croyait au départ, et la source principale se situe au centre du mégadyke (thèse de Raphaël Grandin en cours d'achèvement à l'IPGP). «On ne comprend pas toute cette plomberie», résume avec humour et humilité Éric Jacques.
L'enjeu est double. D'une part, mieux comprendre ce qui se passe pour être capable d'anticiper et d'avertir les populations d'un éventuel danger. D'autre part, imaginer ce qui pourrait se passer dans les prochains millions d'années à venir.
Globalement, il est prévisible que le nouveau rift va se former le long de la chaîne du Manda Hararo, là où s'est ouvert le mégadyke en septembre 2005. «Dans un million d'années, la dépression de l'Afar se sera ouverte de 30 km supplémentaires», avance Éric Jacques. En revanche, les chercheurs de l'IPGP se demandent où le rift de la mer Rouge et celui du golfe d'Aden vont se rejoindre. Selon Isabelle Manighetti, du LGIT de Grenoble, il est possible qu'en se séparant du continent africain, le petit massif montagneux du Danakil, situé le long des côtes de l'Érythrée, se brise en deux pour permettre la connexion entre les rifts de la mer Rouge et du golfe d'Aden.
Les recherches sur le terrain sont limitées à cause de l'insécurité qui règne dans la région. Dans ce type d'études, les données satellites fournissent de précieuses informations mais doivent être recoupées par des observations faites sur le terrain. Depuis novembre 2007, les chercheurs ont installé en brousse au sud du mégadyke un petit réseau de stations sismologiques. Ils ont déjà pu suivre l'injection de trois dykes et en attendent prochainement un autre.
Les appareils installés sont rustiques et peu coûteux. Les chercheurs craignent en effet qu'ils ne soient vandalisés ou dérobés. Les déplacements dans la région en 4 × 4 sont difficiles. L'installation des appareils de mesure s'effectue parfois de nuit pour éviter d'attirer l'attention des rebelles. Les risques sont tels que les scientifiques connaissant la région deviennent souvent fébriles et préfèrent ne pas s'attarder sur place. «La dernière fois, on n'a pas pu marcher sur la zone de fracture. On espère pouvoir le faire la prochaine fois», témoigne Éric Jacques.
(sources lefigaro.fr)
A noter ce week-end, le semi marathon de Boulogne Billancourt avec peut-être quelques représentants de la "corne d'Afrique" que nous venons d'évoquer ?....... à suivre en ville dimanche matin.
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