01.03.2010

AVEC LA CRISE LE PAYSAGE DU RAFFINAGE CHANGE

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(Casterman/Tintin)

Après les mouvements sociaux de la semaine dernière, essayons de creuser le sujet.....

Total est loin d'être la seule major à vouloir rationaliser son outil de raffinage. Shell va fermer son installation de Montréal (161 000 barils par jour) ; l'américain Valero a déjà interrompu son activité de Caruba, dans les Caraïbes (235 000 barils) ; Chevron, la deuxième compagnie américaine, a prédit une vague de licenciements dans le secteur ; le numéro un mondial, ExxonMobil, a vu fondre de 95 % au quatrième trimestre 2009 son profit dans le raffinage.

«Cela fait vingt-cinq ans que je suis chez Shell et je n'ai jamais connu un climat aussi dur», commentait au début de l'année Peter Voster, le PDG de Shell, en annonçant une réduction des effectifs de quelque 1 000 personnes.

«Cette situation s'explique par la juxtaposition de plusieurs éléments, souligne Stanley Nahon, directeur au sein du cabinet de conseil en stratégie Booz & Compagny. Outre des marges de raffinage négatives sur certains produits, plusieurs zones, comme l'Europe, sont en situation notoire de surcapacité.»

La crise accélère la baisse de la demande. L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a déjà fait ses comptes : la surcapacité mondiale va se renforcer cette année et pourrait atteindre 3,9 % fin 2010.

Pour ne rien arranger, les industriels ont souvent du mal à anticiper. Et pour cause, entre la décision d'investir dans une raffinerie et son entrée en production, il s'écoule quatre ou cinq ans, au cours desquels le paysage économique peut avoir changé. Ainsi, en 2008-2009, les capacités mondiales de raffinage ont augmenté de 2,1 millions de barils, tandis que la demande plongeait de 1,6 million.

Du coup, les perspectives ne sont guère réjouissantes. «Les opérateurs sont de plus en plus nombreux à vouloir vendre leurs installations, et cette tendance va se poursuivre, ajoute Stanley Nahon. Quant à la fermeture pure et simple, elle est parfois retardée parce que les coûts, ceux du nettoyage des sites notamment, sont supérieurs aux pertes.»

Trois nouvelles raffineries sur quatre en Asie
Selon l'Institut français du pétrole (IFP), «le raffinage européen se trouve face à un défi de taille : gérer les surplus croissants d'essence, et satisfaire une demande de distillats moyens en constante augmentation, alors que le raffinage en Europe est structurellement déficitaire en diesel, et excédentaire en essence». L'un des débouchés de l'essence raffinée sur le Vieux Continent était jusqu'ici l'Amérique du Nord. Or outre-Atlantique, la demande d'essence a fortement baissé.

Dans ce contexte, nul étonnement à ce que les trois quarts des nouvelles raffineries se situeront en Asie, relève l'IFP. La crise a cependant contraint les investisseurs à retarder certains projets.

Le chantier commun d'Aramco et de l'américain ConocoPhillips à Yanbu, en Arabie saoudite, a ainsi été repoussé à 2014, et il n'est pas encore formellement signé, précise un porte-parole de la compagnie saoudienne. L'agence de notation Moody's estime que l'Asie dans son ensemble ne sera pas épargnée par la surcapacité mondiale, et plaide pour une réduction massive des capacités.

tintin et milou14_01.jpgCela n'empêche pas certains projets majeurs d'être sur les rails, comme la raffinerie de Jubail, cofinancée par Saudi Aramco et Total, prévue pour être opérationnelle en 2013. À son rythme de croisière, elle délivrera quelque 400 000 barils par jour, pour un investissement global de près de 10 milliards de dollars. Un chantier qui mobilisera à son pic près de 25 000 personnes.

A suivre au pays de l'or noir et..... ailleurs

 

27.02.2010

LA BIBLE, VOUS CONNAISSEZ, BIEN SUR, VOUS L'AVEZ PEUT-ÊTRE, MAIS , VOUS LA LISEZ ?

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(Vincent van Gogh. Nature morte avec Bible ouverte)

À l'occasion d'une exposition à l'Unesco, un sondage montre que les grands épisodes bibliques sont largement connus.

Le livre le plus acheté en France est-il le moins lu ? La Bible, en l'occurrence, est vendue à près de 300.000 exemplaires chaque année mais les 66 livres rassemblées dans l'Ancien et le Nouveau Testament ne sont pas vraiment tous familiers aux Français. Même si un sondage Ipsos, publié dimanche à l'occasion d'une exposition à l'Unesco et financé par l'Alliance biblique française - une association protestante visant à favoriser la diffusion et la lecture de la Bible - indique que ceux qui ont une Bible chez eux, auraient tendance à la lire davantage.

Parmi la totalité de la population, seul un quart (26 %) dit la lire. Un chiffre qui augmente très sensiblement (62 %) si l'on examine la catégorie des personnes qui possèdent une Bible. Un sondage CSA sur le même sujet, publié par La Croix en 2001, faisait apparaître que seulement 56 % des possesseurs de Bible la lisaient à cette époque.

Il a fallu attendre le concile Vatican II, il y a quarante-cinq ans, pour que l'Église catholique favorise l'accès direct de ses fidèles au texte biblique. Ils ne sont d'ailleurs que 44 % à avoir au moins une Bible chez eux, même si 78 % des catholiques pratiquants en ont une sous leur toit. Plus globalement, 74 % des Français n'ont jamais ouvert la Bible.

Interrogés sur l'intérêt représenté par la Bible, les Français, dans leur ensemble, sont partagés entre l'intérêt «spirituel et religieux» (46 %) et l'intérêt «culturel, littéraire et historique» (43 %). Plus significative toutefois est la réponse à la question posée sur la Bible comme «référence culturelle» dans la société française. Alors qu'on pourrait penser que l'Ancien et le Nouveau Testament restent une référence culturelle pour les personnes les plus âgées mais ne le serait plus pour les jeunes générations, le sondage indique le contraire : 35 % des personnes de moins de 25 ans pensent que la Bible est une « référence culturelle» alors que seulement 26 % des plus de 60 ans lui accordent ce statut, surprenant non ?


Plus concret, le sondage interroge les Français sur l'épisode biblique qu'ils connaissent le mieux. Noël et l'arche de Noé arrivent ex aequo en tête pour 91 % des personnes sondées ; la mort et la résurrection de Jésus sont à 88 % ; l'épisode de la multiplication des pains est à 66 %. Mais la conversion de l'apôtre Paul sur le chemin de Damas n'est connue que de 41 % des Français. Quant aux malheurs du pauvre Job, seuls 31 % d'entre eux en ont entendu parler. Il apparaît globalement que les récits du Nouveau Testament sont mieux connus que ceux de l'Ancien Testament.

Parmi les lecteurs réguliers de la Bible, les catholiques pratiquants sont les plus assidus. Un sur deux la lit au moins une fois par semaine selon ce sondage. Ce chiffre est impossible à comparer aux habitudes de lecture des protestants. Il n'apparaît pas dans cette étude parce que le nombre de protestants en France n'atteint pas un seuil statistique suffisant pour être significatif. C'est la limite de cette étude, car la lecture personnelle de la Bible est un acte fondateur de la spiritualité protestante et il est évident que les protestants ont une relation habituelle avec le texte de la Bible que les catholiques n'ont pas.

A vous de juger , de l'acheter si ce n'est déjà fait et .......de la lire, de temps en temps

 

Clin d'oeil avec un aperçu des pratiques en Inde, finalement un bain proche du baptème et d'une purification

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Trempette de la renommée. Pendant trois semaines, plus de 70 millions d’hindous venus du monde entier vont se baigner dans le Gange, à l’occasion de la Maha Kumbha Mela. Selon la tradition, les dieux, en se disputant le nectar d’immortalité, en auraient renversé quatre gouttes dans le fleuve. Depuis, une fois tous les douze ans, les sadhus et les guerriers de Shiva défilent sous des pluies de pétales avant de s’immerger, nus, dans les eaux sacrées. Un bain purificateur en forme de renaissance qui se déroule cette année dans la ville de Haridwar, où le Gange semble surgir de l’Himalaya. Trois autres cités se partagent le privilège d’accueillir ce pèlerinage. (Xinhua/Zuma/Visual)

25.02.2010

EUROPE ET REGIONS EN DEBAT

 

 

L’Europe a-t-elle sa place dans la campagne des élections régionales? Difficilement, pourrait-on répondre après avoir assisté à un débat sur la question, organisé par le Mouvement Européen-France lundi 22 février à Sciences-Po Paris.


A la tribune, quatre candidats en Ile-de-France, Marie-Claire Champoux (PS), Aurore Bergé (UMP), Sabrina Assayag (MoDem) et Alexis Prokopiev (Europe écologie), ont débattu pendant deux heures, avec une tendance récurrente : celle de glisser vers des sujets moins consensuels que l’Union européenne. Le Grand Paris, la grève du RER A et même l'identité nationale se sont ainsi invités au débat.


champoux_marie-claire.jpg«La région a une politique extrêmement volontariste en matière européenne, mais pas très clivante politiquement», concède d’ailleurs Marie-Claire Champoux. La conseillère régionale rappelle qu’en 2007, le rapport cadre sur les objectifs régionaux en matière européenne avait été voté par la grande majorité des groupes du Conseil régional.


Reste que la gestion des fonds européens continue de diviser droite et gauche. Seule l’UMP défend le mode de gestion actuelle des fonds européens par les préfectures. Aurore Bergé met quant à elle en cause les résultats du travail du comitéauroren15007144732_9205.jpg de pilotage des fonds structurels, en soulignant que Jean-Paul Huchon co-préside cette structure. « Les fonds européens n’ont pas été très bien gérés », affirme-t-elle.


En France, seule l’Alsace gère les fonds communautaires de manière autonome. Et le gouvernement n’a pas l’intention de faire de cette exception une règle. Dans un entretien accordé à EurActiv.fr, le ministre du développement rural Michel Mercier avait assuré qu’il n’était pas question, pour le moment, de changer les règles de gestion des fonds.


assayagimages.jpgDe son côté, la centriste Sabrina Assayag insiste sur l’inégal accès aux bourses qui permettent aux étudiants de partir en Erasmus. «Erasmus est resté un projet pour les étudiants des grandes écoles», déplore-t-elle. Avant de vanter le service civique européen, proposé il y a peu par le Haut commissaire à la Jeunesse Martin Hirsch. Mais elle estime que le gouvernement, qui souhaite que 10% d’une classe d’âge profite de ce service, ne se fixe pas un objectif assez ambitieux.
L’UMP affirme vouloir doubler les bourses Erasmus. «C’est un engagement de la campagne des européennes, porté par Michel Barnier. Valérie Pécresse l’a repris», insiste Aurore Bergé. En face d’elle, Europe-Ecologie propose de mettre en place un chèque d’apprentissage intensif d’une langue, pour préparer les candidats qui s’apprêtent à partir dans un autre pays européen, mais n’en connaissent pas bien la langue.
En face de tous ces projets, la représentante du PS se montre assez dubitative. «Toutes les mesures que vous énoncez coûtent énormément d’argent. On ne rase pas gratis!», réagit-elle.


Un scepticisme dont elle fait également preuve lorsque ses contradicteurs lui parlent de renforcer le bureau de représentation de l’Ile-de-France à Bruxelles. Aurore Bergé (UMP) réclame par exemple une évaluation du rôle de ce bureau, composé de six permanents et doté d’un budget d’un million d’euros. Et elle préconise, le cas échéant, le passage du budget annuel de cette antenne à 4 millions d’euros. Soit la même somme que le Land de Bavière.