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22/05/2015

FRANCE : REPRISE ECONOMIQUE , DURABLE OU PAS DURABLE ?

 

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INTERVIEWS CROISÉES - La France a vécu un soubresaut de son économie début 2015. Vous êtes 88% à croire que cette croissance ne sera pas durable. Et le gouvernement opte pour la prudence pour 2015 et 2016. Pourquoi ? Trois experts répondent.

 

La France a enregistré un rebond de sa croissance au premier trimestre 2015. Même si certains points de la santé économique française sont encore fragiles (construction, investissements etc.), d'autres sont encourageants (consommation, taux de marge des entreprises etc.). La question qui émerge désormais est de savoir si cette situation va durer. Pour les internautes du Figaro, la réponse est claire: c'est non. À 88%.

Prudent, le ministre de l'Économie Michel Sapin continue d'estimer la croissance pour l'année 2015 «à plus de 1%». Il a en outre déclaré «travailler sur une hypothèse de croissance de 1,5% de croissance en 2016». 1,5%? C'est exactement le taux dont parlent les ministres respectifs de l'Économie, du Budget, et de l'Emploi depuis plusieurs semaines: ils assurent que c'est avec 1,5% de croissance que la France peut relancer l'emploi. Or l'emploi est sans aucun doute une question prioritaire pour la France: le chômage continue inexorablement de monter alors que François Hollande a mis en jeu sa candidature pour 2017 s'il échouait à inverser la fameuse «courbe du chômage» d'ici la fin de son quinquennat.

Alors, durable, pas durable, cette reprise? Trois experts de l'économie répondent à nos questions.

• Lefigaro.fr -. Le premier trimestre a été plutôt bon pour la croissance en France. Cette bonne tendance va-t-elle se poursuivre?

 Denis Jacquet, fondateur de l'association Parrainer la croissance. Qui le sait? Nous pourrions répondre si la croissance était le fait du gouvernement français. Ce qui n'est pas le cas. Rien n'a été fait pour la favoriser. Fiscalité, normalisation, droit du travail. Aucune réforme fondamentale. Donc ne venant pas de la France, la question revient à connaître la vigueur de la croissance mondiale, qui est, il est vrai, orientée à la hausse dans toutes les prévisions. La réponse est donc oui, si l'on en croit les tendances mondiales.

 

Christopher Dembik, (photo) économiste chez Saxo Banque. Nous sommes très certainement entrés dans une Christopher-Dembik.jpgphase de tendance haussière de la croissance sur les prochaines années. Mais, malheureusement, je ne pense pas que la France pourra maintenir le rythme du premier trimestre. Car ce sont surtout des effets extérieurs au pays qui ont permis ce rebond de croissance: l'euro faible a permis aux sociétés françaises de mieux exporter, le pétrole bas a réduit les coûts pour les entreprises et les dépenses en carburant des ménages, tandis que les taux d'emprunt faibles ont permis à l'État de se financer quasiment gratuitement.

Or tous ces voyants verts ont, depuis, commencé à se retourner: l'euro est remonté; le pétrole a grimpé de 40% ces toutes dernières semaines; et les taux longs, s'il restent très faibles, ont augmenté tout récemment.

 

Xavier Timbeau, directeur principal de l'OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques). C'est tout le mal que l'on peut souhaiter. Le retard de production accumulé depuis la crise est considérable et le rythme de croissance observé au premier trimestre est de nature à le refermer. Cependant, cette croissance a bénéficié de facteurs comme la baisse du prix du pétrole ou la baisse du taux de change euro dollar qui peuvent s'atténuer (si le pétrole remonte) ou même s'inverser. Cela dit, à l'horizon de la fin de l'année ces facteurs devraient rester porteurs. La baisse de l'euro et la diminution des taux d'intérêt sont liées à la politique monétaire de la BCE qui ne va pas s'inverser avant que la reprise ne soit complètement confirmée. La fin des politiques d'austérité en Europe sont également des éléments sur lesquels on peut compter pour quelques trimestres encore.

• En maintenant un objectif de croissance de seulement 1% en 2015, Michel Sapin ne joue-t-il pas la prudence?

Denis Jacquet. Bien sûr. Michel Sapin s'est pris quelques douches froides dans le passé et ne souhaite pas en reprendre de sitôt. Il a manifesté régulièrement depuis quelques mois l'envie de rester très pessimiste afin de ne pas être pris en défaut. Un «Sapin» échaudé craint l'eau froide, et ne nous servira que de l'eau tiède.

Christopher Dembik. Politiquement, il joue la prudence, certainement. Car ce gouvernement ne peut plus se permettre de faire moins bien que prévu. Il y a une volonté, même, de minimiser les bonnes nouvelles. Économiquement, à 1%, il minimise un peu. Mais de toutes façons, il ne peut pas y avoir de croissance beaucoup plus forte pour la France en 2015. Au mieux peut-être 1,2%? À deux ans des présidentielles, il ne faut pas s'attendre à ce que le gouvernement mette en place des réformes structurelles. L'heure est à l'annonce de mesures de soutien pour les plus démunis. Mais pour la croissance française, pour vraiment la relancer, il faut aussi redonner du pouvoir d'achat aux classes moyennes.

Xavier Timbeau.(photo) Oui, c'est vrai. Les prévisions du gouvernement ne sont pas révisées à chaque nouvelle timbeau2.jpgannonce de l'Insee. La présentation du budget au cours du débat d'orientation budgétaire, fin juin, nous permettra vraiment de savoir comment le gouvernement anticipe l'avenir et bâtit son hypothèse de croissance. La configuration actuelle, à savoir la scrutation par le Haut Conseil des Finances Publiques et la surveillance par la Commission oblige le gouvernement à la prudence. Et il a par le passé annoncé trop vite l'inversion de la courbe du chômage. Je pense qu'aujourd'hui l'obsession du gouvernement va être, outre d'avoir une confirmation de la reprise, en faire le meilleur usage possible dans la perspective de la présidentielle.

• Le ministre vise 1,5% en 2016. Qu'en penser? Est-ce un simple effet d'annonce?

Denis Jacquet. C'est sûrement ce qui va se passer. Néanmoins la remontée de l'euro, la politique des taux d'intérêt, un accident mondial imprévu et la machine, qui à nouveau ne dépend pas que de nous, peut se détraquer. Sur les tendances actuelles, on peut donc le croire. A partir de 1,3% on commence déjà à créer de l'emploi. Le problème reste de savoir si ce sera une croissance génératrice d'emplois. C'est l'enjeu. On peut avoir une croissance et malgré cela un faible taux d'emploi, faute de confiance. Et l'approche de 2017, est, on le sait dans une année d'élection, souvent une année figée.

Christopher Dembik. C'est possible que la France fasse 1,5% de croissance en 2015. Peut-être un peu plus. Sapin s'accroche à ce chiffre de 1,5% car, dit-il, c'est celui qui permet de faire repartir l'emploi. Or quelque soit le taux de croissance, l'important, c'est qu'elle soit dopée par des secteurs qui créent de l'emploi. Or, la France tient encore à sauver son industrie traditionnelle, qui va mal, au détriment du développement et du soutien aux secteurs qui créent de l'emploi comme le Big Data ou la domotique.

Xavier Timbeau. Non, ce n'est pas un effet d'annonce. Le rythme de croissance nécessaire pour faire 1% cette année, s'il est prolongé l'année prochaine conduit à 1,5%. En effet, la croissance annuelle de l'année 2015 est marquée par l'acquis de croissance (mauvaise fin d'année 2014). Cet effet s'estompe en 2016. 1,5% est sans doute très prudent mais 2016 n'est pas pour tout de suite. Il est vrai que 1,5% en 2016 ne permet pas une forte baisse du chômage, ce qui serait pourtant bienvenu pour le bilan du quinquennat de François Hollande. Il espère sans doute plus, mais a choisi de s'en tenir à des chiffres prudents. Encore une fois, le débat d'orientation budgétaire et le scénario économique de la rentrée 2015 nous en diront plus sur l'analyse de Bercy et du gouvernement sur la situation économique.

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(Source LeFigaro.fr /Marine Rabreau

07:15 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (0)

13/05/2015

AUTOMOBILE : LE MOTEUR PROPRE EST DEJA UNE REALITE

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La norme Euro se préoccupe depuis 1992 de dépolluer les moteurs. Non sans efficacité.

 

Et si le moteur Diesel était aujourd'hui la motorisation la plus propre? Accusé en premier d'être responsable de la pollution automobile, le gazole est devenu le bon élève de la classe en matière de dépollution. Certes, il ne l'a pas toujours été. La faute en revient surtout à l'usage immodéré qui en a été fait voici quelques années sur les petites voitures. Les pouvoirs publics ont su alors fermer les yeux sur ces mécaniques qui produisaient notoirement quantité de particules, mais dont les constructeurs tricolores et allemands étaient les champions. Les mêmes responsables politiques cherchent maintenant à les interdire, ce qui aurait pour conséquence de priver de mobilité les automobilistes les moins fortunés qui utilisent encore ces anciens moteurs.

Des normes qui se succèdent depuis 1992

Les choses ont changé début 2011 quand la norme Euro 5 a imposé le filtre à particules sur les groupes diesels. Les normes européennes d'émission, appelées normes Euro, se succèdent depuis 1992 pour fixer les rejets maximaux des moteurs à combustion. La norme suivante, l'Euro 6, déployée depuis septembre 2014, s'est attaquée aux oxydes d'azote (NOx) produits par le diesel, très irritants pour les bronches.

Les constructeurs ont alors été contraints d'équiper leurs véhicules d'un dispositif pour piéger les NOx. Le coût de cette usine de dépollution (un bon millier d'euros) a mis fin à l'hérésie du gazole sur les petites voitures, désormais dotées de moteur à essence meilleur marché. Mais ce dernier est aussi dans le collimateur des spécialistes européens.

Nouveau protocole

La norme Euro 5 avait déjà mis en place une limitation du nombre de particules émises, en plus de la limite de masse. La norme Euro 6 a étendu cette restriction aux moteurs à essence. Les groupes à injection directe, producteurs de particules fines, sont visés en premier lieu. Seront-ils, eux aussi, bientôt contraints d'avoir recours à un filtre à particules?

Ce n'est pas impossible. Le deuxième volet de la norme Euro 6 (Euro 6 C) l'envisage sérieusement. Cette réglementation, prévue pour 2018, s'associera avec le nouveau cycle d'homologation WLTP (Worldwide Harmonized Light-Duty Tests Procedures), plus sévère que l'actuel cycle NDEC (New European Driving Cycle) en vigueur, victime de nombreux subterfuges de la part des constructeurs pour afficher des consommations les plus basses possible.

Ces dernières devraient être logiquement tirées vers le haut par ce nouveau protocole. Et pousser également les constructeurs vers la voie de l'hybridation (motorisations thermiques et électriques combinées). En matière de pollution, le moteur à explosion reste sous haute surveillance.

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(sourec LeFigaro.fr / Philippe Doucet)

08:00 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (0)

03/09/2011

LAISSONS NOS ENFANTS NOUS DECEVOIR.....

 

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 Ils ont beau être la chair de notre chair, ils sont parfois de vrais crève-cœur... et c’est tant mieux, affirme Maryse Vaillant (photo) dans Etre mère : mission impossible ? (1). D’après la psychologue, être déçu par sa progéniture est une épreuve nécessaire pour accepter l’enfant dans sa singularité. On author_cover_maryse_vaillant_57133_250_350.jpgen prend note et on s’en souviendra le jour de la rentrée !

Flemmard, cancre, menteur, fumeur sapeur... Notre poupon merveilleux a grandi, pas toujours à la hauteur de nos espérances. En finir avec l’enfant idéal, c’est grave, docteur ? Avec intelligence et bienveillance, la psychologue Maryse Vailllant s’en réjouit plutôt pour nous ! Avant-goût des déceptions à venir, et de la parade à prévoir. Un jour ou l’autre, on est forcément déçue parce que...

... C’est pas un intello
Notre futur chirurgien commence à donner des signes de fatigue dès le CM1 ? La blessure narcissique peut être très rude : « Être une bonne mère en 2011, c’est, avant tout, avoir un enfant bon élève, explique Maryse Vaillant. Alors que jadis, bien éduquer son enfant consistait davantage à lui transmettre des valeurs comme la politesse, le sens de l’effort... L’enfant qui ne réussit pas en classe est vécu très douloureusement par les mères aujourd’hui, et pour cause : la déception et la souffrance sont actées, sous le regard des autres parents. On est très tôt dans un système concurrentiel impitoyable, où l’enfant est soumis à une norme absurde selon laquelle il n’y a qu’une façon de réussir, via les prépas ou les écoles d’ingénieur... », poursuit la psy. À nous de ne pas céder à l’ambiance compét’ et d’accompagner notre enfant dans ses talents particuliers. Au lieu de forcer sur les cours de rattrapage dans les matières faibles, on souligne ses points forts. Condition sine qua non pour développer la confiance en soi.

 

... Il nous abandonne
Les mères ont beau savoir consciemment que leur enfant les quittera un jour, la séparation est toujours vécue comme une blessure, affective cette fois. L’abandon, progressif, débute quand l’enfant refuse les bisous, ferme son cœur et la porte de sa chambre, à la préadolescence. Épreuve rude pour celles qui n’ont pas compté leur temps ou leurs nuits. « Cette désillusion est inhérente à la nature même de la maternité. On aime son enfant non seulement bien qu’il s’en aille, mais on l’aime pour qu’il s’en aille, assure la psy. Et on s’efforce de lui donner une qualité d’amour qui doit lui permettre de partir sans claudiquer. » C’est le grand paradoxe de la maternité, et ce qui en fait une mission, sinon impossible, du moins difficile...

(1) Aux éditions Albin Michel.


Le grand paradoxe de la maternité

... Il nous colle !
Cela prouve à quel point la bonne distance est difficile à évaluer... Les mères se plaignent surtout de cette attitude « glu » avec un garçon : on rêve d’un « petit mec » fort, leader, on se retrouve avec un mini-Tanguy qui se régale de notre tendance à être un rien possessive. Et déclenche illico le bouton « culpabilité » : « Il faut savoir que toute déception pousse immédiatement les mères vers le sentiment de culpabilité. C’est plus fort qu’elles ! Car la culpabilité n’est que l’ombre portée de la toute-puissance maternelle », dénonce la psy. Comprenez : être déçue, c’est normal. Mais culpabiliser par-dessus le marché, non !

On aime son enfant non seulement bien qu’il s’en aille, mais on l’aime pour qu’il s’en aille.

 ... Elle n'est pas féministe pour deux sous

Dès 9 ans elle réclame son gloss Hello Kitty, à 13 ans son soutien-gorge paddé, à 14 ans ses socques à plate-forme de 12 centimètres, à assortir à son micro-short et ses yeux charbonnés. Nos filles rient devant les séries machos qui véhiculent les clichés antiféministes ? Il y a de quoi décevoir les mères qui, elles, traînaient en jean et Pataugas ! « Les filles, très tôt, se précipitent sans s’en rendre compte dans les fantasmes masculins, et ce phénomène très actuel est souvent très déstabilisant pour leurs mères, atteste Maryse Vaillant. Mais c’est à elles de dire non à un attirail hypersexy. Il y va de la responsabilité de parents quand une jeune fille risque de se mettre en danger, en troublant les hommes sans même en avoir conscience », poursuit la psy.


"La déception signifie qu'on a lâché l'enfant"


...Il a tout de son père

Nez retroussé, œil bleu glacier..., c’est tout lui. Et nous, dans l’affaire ? Cette désillusion en dit long sur le fantasme des mères, qui est souvent de recréer un enfant à leur image. « Il faut pourtant bien accepter que cet individu-là soit radicalement différent de nous, et le brassage génétique – nez du grand père, mollets de la tante – est un frein à la toute-puissance maternelle », souligne Maryse Vaillant, qui ajoute : « Certaines mères sont amères parce que leur enfant ne partage pas du tout les mêmes passions : elles aiment la musique, il n’aime que le sport... C’est au contraire très bon signe : ces enfants se sont nourris de la passion parentale mais s’en sont distancés pour trouver leur propre chemin. »

...Il se fait du mal
Il se nourrit de cheeseburgers, sort en tee-shirt sous la pluie et ne méprise pas un « binge drinking » le samedi soir. « C’est une manière ostensible de marquer son autonomie. Une prise de distance radicale avec le corps maternel. Que dit-il, sinon “c’est mon corps, j’en fais ce que je veux” » ? interroge Maryse Vaillant. Certes, c’est un rude coup porté à notre mission première, la protection. À 8 mois, on l’empêchait de mettre ses doigts dans la prise. À 18 ans, il fume dix cigarettes par jour, et nous ne pouvons rien y faire. « Soyez tranquilles, rassure Maryse Vaillant, un enfant qui “fait la nique” à sa mère de façon si manifeste n’ira pas réellement et forcément se mettre en grand danger. Ceux qui attentent à leur vie sont généralement plus discrets. »

...Il est déçu lui aussi ?
Trouve qu’on parle trop fort, qu’on soupire souvent, qu’on ne fait rire personne, qu’on s’habille ringard... Dès l’âge de 10-11 ans, nos rejetons découvrent que les héros de leur enfance sont en train de choir de leur piédestal ! Tout comme la jeune ado du film iranien « Une séparation » (réalisé par Asghar Farhadi), ils ouvrent les yeux sur la lâcheté, le mensonge, la couardise de leurs aînés... Bref, chacun, parent et enfant, découvre la vraie réalité de l’autre. « Pour pasticher Winnicott, il faudrait être “suffisamment déçue” pour être une suffisamment bonne mère ! La déception signifie qu’on a lâché l’enfant. On accepte bon an mal an de le voir grandir et partir », conclut la psy.

 

(source LeFigaro.fr) 

08:00 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (0)